CATHERINE, SANS RESSOURCES, ÉCRIT A SON PÈRE
peux pas encore la payer. Sa sœur, qui a épousé un M. d'Almeria et qui habite la Flandre, a pour elle en vue dans ce pays un mariage très-avantageux, mais elle ne saurait s'avancer davantage si elle ne sait pas, si elle ne peut pas dire quelle sera la dot de D. Maria^.
Mais la Providence ne voulut pas que Maria de Salazar allât se marier en Flandre, et s'éloignât ainsi de Catherine, dont elle avait consolé la pénible et douloureuse jeunesse et qu'elle devait assister encore jusque dans les angoisses de la dernière heure : elle resta en Angleterre, où elle inspira une vive inclination au riche héritier de l'antique famille des Wilioughby d'Eresby : le noble lord l'épousa sans demander si elle avait une dot!
Vers la fm de cette même année, Catherine, succombant à l'excès des peines et des privations de toute espèce, tomba gravement malade. Du fond de son lit, elle écrivait à son père, au commencement de décembre, la lettre suivante où elle attribuait toutes les tribulations de sa triste existence au docteur Puebla, qui flattait bassement Henri VII, et l'encourageait dans ses procédés tyranniques :
a Ainsi que je vous l'ai écrit plusieurs fois, siro, depuis que je suis arrivée en Angleterre, je n'ai pas touché un maravédis, excepté une petite somme qui m'a été fournie pour mon entretien, et cette somme n'a pas été suffisante pour payer toutes les dettes personnelles que j'avais à Londres; ce qui me préoccupe cruellement, c'est de voir que mes femmes et mes serviteurs
1. Wood's letlers of royal and illuslrious Ladies, et Miss Slrickland> loco citato, p. 477.