OFFRES DE SERVICE DE HENRI VIT A FERDINAND
pendant lesquelles elle avait paru rester dans une résignation passive et inerte. Mais son caractère, après avoir été durement comprimé, finit, comme on le verra plus tard, par réagir avec force et par se déployer dans toute son énergie.
Henri VII, qui connaissait la valeur intellectuelle de Catherine, la chargea, de concert avec Puebla, d'être l'interprète de ses désirs, relativement au mariage qu'il espérait pouvoir contracter avec Dona Juana. Comme il avait vu cette princesse à Londres, il ne posait pas, ainsi que pour la reine douairière de Naples, une série de questions sur ses yeux, sa bouche, son teint, la distinction de ses mains, la petitesse et la forme de ses pieds, etc., il ne demandait pas non plus le portrait de Juana : ce portrait était resté gravé dans son souvenir ; on aurait dit qu'il était devenu amoureux par réminiscence. Rien ne l'arrêtait dans son empressement passionné, pas môme l'objection tirée de l'aliénation mentale de Juana. Henri prétendait que le sentiment populaire en Angleterre tiendrait peu de compte de l'égarement d'esprit de cette princesse et ne se préoccuperait que de son aptitude à devenir mère. D'ailleurs, si elle avait eu quelques moments d'aliénation, c'était à cause des sujets de jalousie que lui avait donnés Philippe, et des indignes procédés que ce prince avait eus avec elle. « Or, Henri la traiterait si bien, l'entourerait de tant de soins, qu'elle recouvrerait bien vite en Angleterre la raison et la santé. » Les protestations les plus obséquieuses ne lui coûtaient rien. Philippe avait été un mauvais fils, il est vrai. Mais, quant à lui, il serait un modèle d'affection filiale, et se garderait bien de s'ingérer dans les affaires de la Castillo ; il