‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 85 sur 400 · HENR[ VU TACHE PAR TOUS LES MOYENS · texte numérisé non relu

HENR[ VU TACHE PAR TOUS LES MOYENS

laisserait rentier gouvernement de ce royaume à Ferdinand pendant toute sa vie. Non-seulement sa personne, mais son royaume tout entier seraient à la. disposition de son beau-père ^ Ferdinand avait formé le projet d'aller combattre les Mores en Afrique afin d'y bâtir des forteresses et de tenir en respect ces vieux ennemis de l'Espagne. Henri lui offrait tous ses services pour cette guerre. Les archers anglais semblaient devoir réussir spécialement dans une semblable expédition, et avec leur aide, enpeu d'années, toute l'Afrique pourrait être entièrement subjuguée. Ferdinand deviendrait le conquérant et le père de cette vaste contrée et Henri l'y accompagnerait comme son allié et comme son fils. — « n n'avait, ajoutait-il, que cinquante-un ans, et était, par conséquent, plus jeune de quelques années que le roi d'Espagne. »

Ces hâbleries n'étaient-elles pas tout à fait dans le goût espagnol, et n'auraient-elles pas été inspirées par Puebla lui-même?

Mais Henri VII ne se bornait pas à faire miroiter dans l'avenir ces brillantes et fantastiques perspectives : il y ajoutait des concessions plus immédiates et plus pratiques, d'une valeur immense à son point de vue, quoiqu'elles n'eussent peut-être pas le même prix aux yeux de Ferdinand. C'était d'abord un délai nouveau accordé pour le paiement de la dot ; ensuite l'acceptation de l'argenterie prise à compte du capital de cette dot, et évaluée suivant l'estimation des experts ;

\. ALa disposiciun de usted. On sail que c'est une formule de la politesse espagnole, qui ne tire pas beaucoup à conséquence. Si le roi d'Angleterre se sert de cette formule, c'est sans doute sous l'influence de Puebla.

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enlin Henri VII annonçait qu'il venait de donner contreordre aux ambassadeurs chargés de conclure le mariage du prince de Galles avec une princesse française.

Il demandait que les frais du mariage royal fussent pris soit sur les revenus de la Castille, soit sur la cassette personnelle de Ferdinand, et qu'il fût alloué à Henri une pension à peu près égale à celle que l'on avait assignée à Philippe quand il avait dû se rendre en Espagne.

Quand le moment serait venu, Henri VII enverrait des ambassadeurs pour conclure le mariage par procuration, mais il ne pouvait admettre l'idée du refus de sa main par Juana ; il soutenait que ce serait déshonorant pour son caractère. Là dessus, la princesse de Galles insinuait confidentiellement dans ses lettres à Ferdinand qu'elle ne saurait être de cet avis.

Placée entre deux diplomates et obligée, en quelque sorte, d'abuser l'un ou l'autre, elle choisissait son père comme le dépositaire de sa pensée véritable et réservait pour lui toute sa sincérité.

Au surplus, il était de notoriété publique que la santé du roi d'Angleterre déclinait rapidement et qu'il penchait vers le tombeau; il le sentait et il affectait de faire le jeune homme. Ainsi, au mois de septembre 1677, Henri écrit à la princesse de Galles : « Je jouis (i d'une parfaite santé, et je mène la vie la plus agréa- « ble en compagnie d'une nombreuse noblesse, a Je passe mon temps à la chasse à courre et au « faucon, etc. »

Un mois après, son bon ami Puebla écrit à Ferdinand que la dernière maladie de Henri a produit sur ce prince un effet étrange ; elle Fa rendu plus leste,

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