Il monta sur le trône le 22 avril
2. Il composa, à l'âge de onze à douze ans, la musique de l'antienne en langue vulgaire qui commence ainsi : « 0 Lord tlie maker, » etc. Cette antienne est faite pour être chantée à quatre voix. M. Audin en donne les paroles et la musique à là fin du premier volume de son histoire de Henri VHI. On prétend qu'on la chante encore quelquefois à l'église du Christ à Oxford.
ÉDUCATION CHEVALERESQUE ET AMOUR DE HENRI 8o
avait d'ailleurs une haute stature et beaucoup de grâces dans les mouvements. Quand il se montrait à cheval, en riche costume, avec son panache flottant au gré des vents, il avait si grand air, qu'il exerçait sur le peuple un étonnant prestige.
Quand il avait fait dire à Catherine qu'elle pouvait compter sur lui, il était sincère, et ressentait pour elle un véritable amour. Les entraves apportées à son mariage par Henri VII, les épreuves qu'il avait eues à subir n'avaient fait qu'irriter sa passion. Dès qu'il se vit maître de sa destinée et qu'il fut légalement majeur, sa première pensée fut de conclure le plus tôt possible son union si longtemps retardée.
Ces retards, comme nous l'avons déjà insinué, avaient deux causes, en quelque sorte corrélatives : d'une part, on peut les attribuer aux ombrages du roi Henri VII, qui craignait que l'ascendant de Catherine sur le jeune prince de Galles n'accrût l'influence du roi d'Espagne en Angleterre ^ Il est probable que Ferdinand s'était opposé par un motif semblable au mariage de la princesse Marie, fille de Henri VII, avec Charles-Quint, encore enfant ^. Mais il n'y avait plus en Angleterre de vieux roi soupçonneux pour s'inquiéter de l'influence qu'exerçait Catherine d'Aragon. Et quant au mariage du jeune empereur avec la princesse anglaise, Ferdinand se fiait au temps pour rompre le lien résultant des fiançailles prématurément contractées.
t. Il craignait aussi que le prince de Galles lui-même ne devînt un personnage trop considérable et trop prépondérant en Angleterre, par suite de ce mariage. (Voir une lettre d'Almazan, tome I" du Calendar, p. 15. Cette lettre est du 18 mai 1509.)