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plus. L'existence en commun avec les deux seuls êtres qu'elle pût aimer lui apparaissait, comme à l'œil noyé des chrétiens mourants, le rêve du paradis. Alors elle créait cette existence dans son esprit inventif, mais trop candide, car, hélas ! elle s’abusait étrangement sur le caractère du comte de Goyck, comme sur sa position sociale et sur ses goûts. N’imaginait-elle pas d'habiter Bruges avec lui, Bruges la vieille ville endormie où l'herbe croît entre les pierres, où le carillon monotone fredonne les refrains chevrotants du temps passé, Bruges enfin: où s’était si vite écoulée son enfance ! Ils auraient là, — pensait-elle, — une maison blanche auprès de celle de sa grand'mère, avec de grandes tapisseries contre les murs, des petits oiseaux dans une cage mignonne, et des pots à fleurs peints en vert échafaudés à l'entrée d'un beau jardin. Elle prendrait soin de son ménage, de ses meubles : elle se ferait économe ; à son tour, elle gronderait la bonne femme qui devait être si vieille ! elle l'empêcherait de travailler à la lampe pour conserver sa vue; elle la guiderait dans ses promenades à travers la ville, évitant les heurts à ses pieds tremblants, écoutant ses
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cuansons et ses longues histoires, inventant elle-même des histoires pour l'amuser. Et quel bonheur, le dimanche, de se suspendre au bras de son bien-aimé, et de le montrer à ses voisines, grand et beau comme il était, en marchant lentement pour aller à la messe! Quel bonheur plus grand encore de se faire belle pour lui, de quitter cet affreux costume d’orpheline, pour vêtir quelque robe de soie pareille à ceile de la dame qu'il accompagnait au parloir ! Oh! elle apprendait bien vite à limiter et à la dépasser! Comme elle, elle saurait bien pencher la tête et cligner les yeux pour lui parler. Cela n'était pas difficile. D'ailleurs elle était plus jeune et plus gentille. Elle n'aurait certes besoin des conseils de personne pour lui plaire toujours. Cependant Juliette viendrait les voir quand elle serait mariée, et ils iraient ensemble se promener à cheval, en causant et en badinant, tout autour du canal tranquille où le vent est si frais pendant les chaleurs de l'été. Ils s’arrêteraient au grand moulin en forme de tour conique avec un balcon circulaire au milieu, et ils diraient un petit bonjour à son vieil ami le meunier.
Puis à travers la campagne, dans les champs
plats qui descendent vers les dunes, ils regarderaient les chaumières moussues où se tordent les pampres verts, et les tourelles des auberges avec leurs portes rondes où voltigent des pigeons blancs. Là, il y a toujours des charrettes dételées, appuyées sur leurs brancards, avec une couverture de toile tendue sur des cerceaux, et, tout près, des chevaux fatigués, promenant leurs naseaux au fond des auges. Plus loin, ils visiteraient des fermes, marcheraient dans la paille humide où dorment les pourceaux engraissés, et ils écouteraient rebondir sur l’enclume le lourd marteau du maréchal. L'hiver enfin, par les jours gris où l’on voit des trames de pluie au bas du ciel, ils s’amuseraient à regarder sur la glace des canaux glisser les petits traineaux tirés par des dogues; puis ils rentreraient se chauffer au poêle. Que ne feraient-ils pas encore ? [ls mangeraient à la même table, sous le rayon de la même lampe éclairant les larges plats de faïence pleins de pommes rouges, et, en se guettant d'un œil prévenant pour épier leurs désirs mutuels, ils écouteraient les airs d'une horloge à musique et donneraient des morceaux de sucre à leur perroquet, car ils en
auraient un, tout comme sa grand'mère, et plus jeune! avec un chat. Enfin ils s’aimeraient bien toute leur vie. Là s’arrêtait le rêve de Catherine. |
Le dimanche, à la chapelle, émue par ces projets de bonheur. elle se prosternait sur son banc plus bas que les religieuses. El'e priait en s'appliquant si bien qu'on voyait son cou blanc s'empourprer jusqu'aux oreilles. C'est qu'elle priait pour lui qui la connaissait à peine, ct cependant voulait bien l'aimer un peu.
Et puis, comme fatiguée de s’agiter dans le vague de l'absence, elle S'attristait encore, travaillait d’une main distraite, écoutait de mauvais pressentiments et se disait: — Je ne le verrai plus.
Un matin cependant, comme eïle était allée s'asseoir à l'entrée de l’étable, ponrse garantir contre le froid du mois de décembre, elle aperçut une pauvre paysanne que les religieuses employaient par charité à mener paiître au dehors les vaches du couvent. Cette femme la regardait fixement tout en passant des chaînettes de fer aux cornes de ses bêtes, mais dès que la sœur qui tenait la porteentr'ouverte se tournait de son côté, vite elle baiïssait les yeux. Il yeut un moment pendant lequel une vache se sauva dans la cour, et la sœur courut après elle. Alors la vieille paysanne suspendit son travail, promena dans l’étable un long regard, puis, tirant de son fichu un billet roulé gros
comme une noisette, elle Le jeta devant les pieds. de Catherine en lui disant : — Cachez-vous pour le lire, Mademoiselle, ou nous serions chassées toutes deux.
Catherine devint rouge, puis très-pâle, mais elle ramassa la lettre et s’éloigna. Elle attendit jusqu’au lendemain l’occasion de la lire. Alors, quand la première lueur de l’aube vint blanchir les fenêtres du dortoir, pendant que ses compagnes dormaient encore, assise dans son lit, sous ses rideaux, elle déchiffra en tremblant ce billet sans signature, écrit en pieds de mouche sur du papier transparent,
« Je sais, ma petite amie, que vous n'avez « pas de famille et que vous êtes malheureuse « au couvent. Permettez-moi donc de veiller sur « vous et d'assurer votre avenir,
« Si vous daignez agréer mon amitié, ne me « répondez pas, car on pourrait Vous sur- « prendre, Passez seulement devant la per- « sonne qui vous à remis cette lettre, en tenant
« votre mouchoir à la main. Je comprendrai.
« Adieu, »
Catherine se sentit si heureuse que le sang lui monta aux joues pendant que se dilataient ses narines. Elle n'osait remuer et comprimait de ses deux bras son cœur qui battait avec force. Mais elle entendit soudain la sœur couchée auprès d’elle prononcer la prière du matin à haute voix. Alors, ne sachant que faire de sa lettre, elle l’avala.
Deux heures plus tard, en se promenant devant l'étable, elle aperçut la paysanne qui lavait des betteraves pour ses vaches en la regardant. Elle frémit d’abord, comme l'oiseau qui se sent en présence de l’oiseleur, puis elle mit la main à sa poche et tira lentement son mouchoir. — Bon ! — fit la vieille en souriant avec malice. Catherine se retint à la muraille pour ne pas tomber sur les genoux.
Trois jours après, nouvelle lettre, mais cellelà était un peu plus accentuée. On se plaignait déjà de ne pas la voir. On lui offrait la plus
douce des existences si elle voulait suivre docilement les bons conseils qu’on hésitait encore à lui donner. Et toujours le mouchoir était indiqué comme un signe d’acquiescement.
Au bout d’un mois, stimulé par le succès, le comte de Goyck parla à Catherine de quitter le couvent et demanda une réponse écrite. Catherine répondit comme une enfant étonnée et reconnaissante. Dans sa pensée, sa grand’mère seule pouvait lui rendre la liberté. Elle dissimula sa surprise sous des paroles presque filiales, mais elle n’exprima que trop bien l’humiliation qu’elle ressentait depuis qu’elle était condamnée à partager l'existence des orphelines. Cependant, elle n’osa pas aller plus loin, ne trouvant pas, dans son bon sens de Flamande, la lettre du comte assez explicite.
— « Voulez-vous fuir ? » — écrivit-il alors.
« — Dites oui, etje vous cacheraiï si bien qu’on « ne découvrira jamais votre retraite. Toute « une vie d'amour vous récompensera de votre « affection. » — Il y avait, après cela, trois longues pages de protestations lyriques, pour Le 9
combler la lacune importante que le comte laissait dans sa lettre. Catherine, de plus en plus étonnée, s’en douta peut-être, car elle répondit avec candeur : — Que ferez-vous de moi, mon bon ami, si je consens ?
Le comte réfléchit un peu , comprenant fort bien la restriction légitime cachée sous ces paroles brèves. Puis il se mit à sourire, haussa les épaules avec dédain et écrivant d’une main ferme, il protesta de ses intentions honorables, et parla de mariage prochain, aussitôt qu'il aurait mis ordre à ses affaires. 1 ne demandait qu’un peu de temps et beaucoup de confiance en échange de son amour. Pouvait-on lui accorder moins?
Cette lettre terrifia Catherine. Maintenant qu'elle voyait de quelle façon imprévue tournaient les choses, elle s’accusait de sa hardiesse, se sentait coupable, et, malgré l’irrésistible attraction que le comte exerçait sur elle, elle cherchait vainement un prétexte pour revenir sur ses pas. L'idée de supplier la supérieure de la renvoyer à sa grand’mère la fit hé-
siter longtemps. Alors son bien-aimé pourrait la voir, et, puisqu'il voulait bien l’épouser, demander sa main à la comtesse qui ne Ja Jui refuserait certes pas. Mais elle craignit encore de laisser pénétrer son secret, quand la supérieure l'interrogerait sur la cause de sa démarche. Elle resta donc huit jours à rêver, à pleurer, à se déchirer le cœur, ne sachant que répondre aux nouvelles lettres du comte, toutes plus pressantes. Enfin il se servit du grand moyen qu’il tenait en réserve et la menaça de se tuer, voyant bien, — disait-il, — qu’elle ne l’aimait pas. — Je ferai tout ce que vous voudrez, — lui écrivit-elle alors, car elle crut à la sincérité de cette menace de comédie. Ce fut au tour du comte de Goyck de garder le silence pendant huit jours. Enlever une fille de son couvent n a jamais été chose facile. Il regrettait d’avoir rompu si brusquement avec sa cousine dont la fille pouvait lui donner de précieuses informations. Il s'emportait contre son émissaire qui n avait pu rien apprendre de la gardeuse de vaches sur les êtres de la maison.
Enfin, il se mettait l'esprit à la torture pour chercher un moyen qu’il ne trouvait pas.
Catherine commençait à s'étonner de ce silence, lorsqu'un matin, vers midi, une voiture s'arrêta sur la route devant la porte de la communauté de la Genette, et une dame, s'appuyant sur le bras du cocher, en descendit. Ayant été introduite par la sœur portière dans le parloir, elle la pria de lui faire connaître les conditions d'admission au couvent, voulant, —dit-elle, — y placer sa fille sans retard. La sœur, s’inclinant alors devant elle, l’invita à s'asseoir et alla chercher la dame trésoriére, chargée de : discuter les questions d'intérêts avec les parents des enfants.
Aussitôt qu'elle se vit seute, l'étrangère souleva son voile, et, s’approchant rapidement
d'une fenêtre, elle commença à promener ses regards de tous côtés. C'était une femme de quarante ans environ, sèche de corps, brune de visage, à l'air faux et malin. De petits yeux ronds et gris pétillant sous son front bas, avec un nez écrasé et de larges mâchoires, lui donnaient une vague ressemblance avec un singe, et quand elle marchait, renversant son dos sur ses hanches et balançant ses grands bras, elle avait une attitude si décidée qu’elle faisait peur.
Ses manières annonçÇçaient une naissance vulgaire et une éducation médiocre. I y avait en elle un mélange confus de bassesse doucereuse et de rusticité. Quand elle voulait plaire aux gens, elle prenait à son insu l'air hypocrite d'une servante qui flatte son maître; mais quand elle ne cherchait pas à dissimuler son caractère, elle avait l’atroce apparence d’une virago: Nous aurons tout dit sur son compte en ajoutant qu'elle parlait avec l'accent haut et
clair des Picardes.
La dame trésorière étant entrée au parloir,
l'étrangère quitta son poste d'observation à la fenêtre, et alors, se faisant humble, polie et caressante, elle commença à débattre pied à pied, en demandant pardon, tous les articles du prospectus. Elle trouvait le trousseau trop luxueux et le blanchissage bien cher, assurant que, dans son pays, on était moins rigoureux sur les conditions d'entretien dans les maisons d'éducation. Les arts d'agrément lui semblaient hors de prix. Elle ne pouvait comprendre aussi pourquoi les élèves devaient payer pension pendant le mois des vacances. Elle ne disait rien, il est vrai, pour les frais de maladie, sa fille étant constituée comme elle et nécessairement très-bien portante ; mais, quant à solder les trimestres d'avance, elle n’en saisissait pas Ja raison. La religieuse, qui n'avait malheureusement pas assez vu le monde pour pouvoir se méfier des façons grotesques de cette bavarde, répondait à toutes ses objections en personne habituée depuis longtemps aux minutieuses réclamations des familles. Elle avait une patience d'ange pour expliquer le motif de chaque article du prospectus, et elle parlait avec une voix si calme et en employant de si heu-
reuses expressions qu'elle réduisit enfin au silence cette bonne mère qui tenait tant à l'argent.
7 — Ne pourrai-je visiter le couvent ? — ditelle enfin, d’un air dégagé à la trésorière. — Vous savez, ma sœur, que les femmes tiennent à se rendre compte de toutes choses, et qu’elles aiment à s'assurer par elles-mêmes du bon ordre d’une maison. Ge n'est pas que je ne connaisse la réputation méritée du couvent de la Genette... — ajouta-t-elle.
— Je vais vous ouvrir toutes les portes, Madame, — répondit en souriant la religieuse, — notre maison ne peut que gagner à être vue. |
Alors elle accompagna l'étrangère par les corridors, les salles de classe, le réfectoire, les dortoirs et la chapelle, l’écoutant s’exclamer, d'un air modeste, et jouissant en secret de son admiration. — Mon Dieu ! c'est un palais! — répétait la Picarde en se disloquant la tête; et la bonne religieuse répondait par quelques
phrases d’un petit discours appris par cœur : — La santé, la propreté, la bonne tenue des enfants, les précautions nécessaires à leur âge sont l'objet de notre attention particulière, — disait-elle en traversant les couloirs. Et, plus loin, en désignant les maîtresses et les sœurs, qui se promenaient de salle en salle : — La surveillance est continuelle dans tous les temps et partout. Nous ne perdons jamais de vue les élèves. — Et enfin, comme conclusion, quand elle eut amené la visiteuse dans le préau d’hiver : — [nspirer aux jeunes personnes, avec la simplicité des mœurs, le respect et l'amour de la religion, former leur cœur à la vertu, orner leur esprit de connaissances utiles, leur procurer les talents et les arts d'agrément qui peuvent rendre leur société plus douce et plus aimable, tel est le but que nous nous proposons,
— N'allons-nous pas dans le parc ? — dit soudain l'étrangère.
— Il fait peut-être un peu froid, — répondit la religieuse, — mais, si vous le désirez, Madame...
— Oh! cela me fera bien plaisir.
Alors, prenant son parti philosophiquement, la trésorière promena jusque dans les moindres recoins la visiteuse infatigable. Elle lui fit remarquer les beaux vases de fonte plantés sur des piédestaux de plâtre au milieu des bosquets flétris par le froid, la pièce d’eau gelée où semblait grelotter l'ange de bronze saupoudré de givre, et les rochers de la cascade où pendait une longue barbe de verts glaçons. L'étrangère admirait tout en se mouchant et serrant son manchon contre son ventre. Elle se représentait fort bien, — disait-elle, — ce grand parc rempli de fleurs et peuplé de petits oiseaux, pendant les beaux jours de l'été. Et comme elle s’apitoyait sur ces pauvres bonnes sœurs qui piochaient la terre dure du potager ! Ce qui l'intéressa le plus cependant, dans sa promenade, ce furent les trois logettes qui servaient de station aux processions de la Fête-Dieu. Elle allait de l’une à l’autre comme une folle, admirant le fronton grec où l’on avait écrit le nom de saint Joseph, s'exclamant devant le clocheton chinois où s'abritait l'autel de saint
Michel, etse pàämant devant la statue de saïnt Antoine assise à terre dans la neige auprès de son pourceau. La grotte de saint Antoine l’emporta enfin dans son esprit sur tout ce qu’elle avait vu jusqu'alors. Elle voulut monter par l'escalier de bûchettes sur la plate-forme qui s’étendait au-dessus. Elle y monta, et, se penchant sur le mur qui lui venait aux genoux, elle s’écria : —Tiens ! c’est la route de Bruxelles, et voici ma voiture ! — Puis elle se plaignit soudain du froid et descendit.
Mais en passant devant le bâtiment des orphelines, elle demanda à voir ces pauvres filles que les bonnes religieuses élevaient par charité. Elle entra dans le réfectoire où elles diînaient toutes ensemble, goûta leur soupe qu'elle déclara excellente, les regarda les unes après les autres avec le plus touchant intérêt, et s'arrêtant enfin devant Catherine, elle s’extasia longuement sur sa beauté. Puis elle se dirigea d'elle-même vers la ferme: mais, en suivant la religieuse, à l'entrée de l'étable, elle aperçcut la paysanne qui déliait les cornes des vaches, etsur-le-champ portant son index à ses lèvres,
elle arrêta le geste de stupéfaction de la vieille femme pendant que la trésorière lui tournait le dos pour sortir.
Enfin, elle se décida à s’en aller. Ge ne fut pas cependant sans avoir beaucoup remercié son obligeante conductrice. — Je reviendrai demain matin avec ma fille, — luicria-t-elle en se penchant à la portière de sa voiture, — car je suis dans l'enthousiasme de tout ce que j'ai vuici.
Le lendemain, elle ne vint pas, mais la vachère remit le billet suivant à Catherine :
« Dimanche soir, quand sonnera le Saut, «trouvez le moyen de vous rendre à la grotte «de Saint-Antoine. Je serai de l’autre côté du «mur. N'ayez aucune inquiétude ; toutes mes «précautions sont bien prises. Espoir et cou- «rage. Le bonheur nous attend tous deux. »
Catherine frémit de la tête aux pieds en lisant cette lettre. Un éclair de remords traversa son esprit. Elle se précipita dans la cour pour aller trouver la supérieure, se jeter à ses pieds et lui
avouer tout. Mais le malheur voulut qu’elle rencontrât sa maîtresse d’études, et celle-ci, sans remarquer son agitation, l’aborda d'un air joyeux. — Je vous apporte une bonne nouvelle, mon enfant, — lui dit-elle, — dans huit jours vous prendrez l'habit de novice. Notre chère mère le veut ainsi.
Catherine pâlit, balbutia et baissa la tête.
Tout le reste du jour, elle demeura comme absorbée. Le soir elle se dit malade et monta se coucher une heure avant ses compagnes. On était au samedi, La neige depuis le matin tombait silencieusement sur les arbres, et les statues de plâtre du jardin se crevassaient sous la pression de la gelée.