CHAPITRE VU. m
raies ne devaient, dans l'origine, traiter que des matières de foi, de morale ou de discipline, sans se mêler d'affaires civiles ou politiques. Le droit de faire des collectes étendit leurs attributions ; les chefs de parti, toujours avides d'argent, ne trouvèrent pas de meilleur moyen d'en obtenir que de s'adresser aux églises. Les pasteurs et les ministres étaient chargés de représenter les besoins réels ou prétextés, et les discussions auxquelles ces demandes donnaient lieu transformaient les con-* sistoires et les synodes en assemblées politiques. On y statuait sur la levée des troupes et sur l'augmentation des fortifications, sur les remontrances à adresser au roi, les alliances avec l'étranger, les trêves, les ruptures, et tout ce qui regardait la paix etlaguerre. Les assemblées avaient des agents à la cour, et établissaient entre elles une correspondance qui, de toutes les églises éparses dans le royaume, forma comme un seul corps plus dangereux pour l'autorité souveraine que la Ligue et l'Espagne ensemble.
Les esprits modérés de ce redoutable parti sollicitaient du roi un édit qui assurât leur situation
religieuse et civile. Mais Henri ne pouvait l'accorder au moment où il se réconciliait avec le pape et se disposait à traiter avec Philippe II. Il aurait sacrifié la paix générale h un repos intérieur de peu de durée, et ce qui devait être une faveur n'eût été qu'une dangereuse concession.
11 fut donc avantageux pour le roi d'avoir, en de pareilles circonstances, dans la personne de sa s€Bup, une représentante de ces intérêts qu'il fallait ménager ; et pour les calvinistes, de trouver en elle un appui respectable et assuré. Depuis l'abjuration de Henri IV jusqu'à la publication de l'édit de Nanteji, Catherine servit d'intermédiaire entre le souverain catholique et ses sujets protestants. Elle défendit leurs droits et contribua efficacement et maintenir les chefs dans une sorte de neutralité. La publicité donnée h ses pratiques de piété en est la preuve évidente. En 1593, lorsque l'abjuration du roi était acclamée par la France catholique et désapprouvée par les huguenots, Catherine, alors à Mantes, laissait prêcher d^ns la maison du roi. Peu après, elle recevait une députation de religioïjnaires et assistait à toutes les