‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 111 sur 186 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

bonne mai^n pour être votre maîtresse. )> Madame de Rohan trouvait qw la vertu de §a fiUe méritait une couronne; elle pouvait avoir raison, mais Henri n'était pas de cet avis et se contestait de la respecter. C'était là, dit-on, Tune des causes ' de l'opposition de la fière duchesse, à laqiielle on attribue l'un des plus virulents libelles qui aient été publiés contre Henri IV.

L'arrivée de SuUy dans cette petite cour tut un événement qui en souleva toutes les passions. Un moment, la princesse, tremblante de joie et d'espoir, crut qu'il venait lui î^pporter Je consentement du roi à son mariage. Seule avec lui, elle le mit sur le sujet de sa visite, en l'interrogeant snr les dispositions du roi, et en lui rappelant les promesses qu'il avait faites à Char|,res, après l^ renonciation.

Alors eut Ijeu, entre Catherine et Sully, la scène longuement racontée par les secrétaires fiu ministre, dans laquelle se révèle, avec une vérité souvent trop rude, le caractère si passionné et si lier de la princesse, heurtant la politique de Sully, déjouant ses projets et ses ménagements, et fipis-

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sant, à force do violence, par lui donner roccasion de lui dévoiler les volontés de Henri IV. C'est un long et pénible dialogue, empreint do la sauvage originalité de Tépoquo, écrit dans un style ftpre, saccadé, où Ton voit Catherine se débattre convulsivement contre les raisonnements insidieux de Sully, mais sans pouvoir résister à Tinflexible domination de son frère.

Sully réplique avec une lenteur méditée; il commence par énumérer tous les torts du comte de Soissons envers le roi, sa conduite depuis la* bataille de Coutrasjusqu'à Tavénemehtde Henri IV, puis ses tentatives pour former un tiers parti et diviser la France ; il ose même rappeler le voyage de Béarn, Taudace du prince à son retour, Tinsulte publique faite à M. de Pangeas, enfin sa dernière défection. Il considérait ces actes comme les signes d'une rébellion impardonnable, et il cita encore d'autres traits qu'il croyait inconnus de la princesse, et capables, selon lui, de détruire toute chance de réconciliation entre les deux princes. Et cependant il ne désespérait pas de la clémence de Henri; mais elle dépendait de la

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