CHAPITRE VIII. âdi
je ne voulus point entendre. Et finalement, en divers temps, trois qui ne sont pa§ de ma qualité, ont eu assez d'audace que de prétendre à mon alliance, dont le dernier fut le prince d'Anhalt, qui vint devant Rouen, avec grand nombre de gens de guerre, auquel j'estime, si j'eusse voulu y entendre, que l'on ne m'eût pas refusée, afin de payer les reîtres a mes despens. Des deux autres, dont l'un est de la religion et l'autre papiste, et simplement gentilshommes, je ne les nomme point, parce que j'en ai honte et qu'aussi bien vous les connoissça asse«, vous ayant quelquefois parlé de leurs folies ; et enfin, le pauvre comte de Soissons étant arrivé des derniers, parce qu'il m'a désirée plus cordialement que tous, et s'est affermi à me complaire, il pourra bien advenir que, comme je suis malheureuse, il sera aussi rendu malheureux à mon occasion ; et qu'enfin, si nous ajoutons foi à votre dire, et d'autres qu'il y a de formés au meule du roi mon frère, nous en demeurerons tous deux là pour la prisée...» )> Et elle terminait ses plaintes en e?^igeant d'autres explications, que Sully délaya dans une longue.
212 CATHKRINE DE BOURBON.
lourde et diffuse allocution sur les devoirs et les attributions des souverains en général, et les mérites de Henri IV en particulier, essayant de persuader à la princesse de convenir des torts de Soissons et d'en demander pardon au roi.
« Est-ce donc là tout ce que vous aviez à me dire? reprit Catherine, et les tant excellents conseils que vous me vouliez donner? Vraiment, monsieur de Rosny, je crois bien que vous avez de longue main étudié votre leçon, et vous estes rendu plus soigneux de faire l'éloquent et le bien disant pour déguiser vos artifices, que de me rendre de bons offices et me servir utilement, comme vous m'aviez promis ; et encore qu'il me soit facile à juger que je ne puis pas beaucoup espérer de toutes vos cajoleries et discours recherchés, et comme je dois prendre vos belles allégations qui m'offensent, néanmoins, afin que vous n'essayez de profiter de mes réponses à mon préjudice, et voyant aussi bien que vous m'avez tant amusée à vos beaux discours pleins de ruse, qu'il s'en va tantôt nuit, je veux remettre la réponse à demain, [au sortir de mon dîner, afin que j'aye
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