CHAPITRE VIII
culièrement de mes volontés et intentions, lesquelles il vous communiquera,... Vous me verrez tout amaigri, non de maladie, car je ne me portai jamais mieux, mais de fascheries et de voir que tout le monde fait si mal son devoir.
« 13 septembre 1595. »
Catherine était alors très-souffrante d'une nouvelle atteinte de la maladie de poitrine qui la tourmentait depuis son enfance. Elle avait été forcée de rester à Compiègne, oîi des intérêts divers Pavaient appelée; car des préoccupations inséparables de la vie se mêlaient à ses chagrins et les rendaient plus difficiies à supporter. C'est de Compiègne qu'elle écrivait à la même époque au duc de la Force, devenu gouverneur de Béarn et viceroi de Navarre :
«Vous ne direz pas que je suis paresseuse, car voici la troisième lettre que j'ai écrite depuis huit
au caractère le plus honorable et le plus désintéressé une gaieté inépuisable. Créé maréchal de France par Louis Xlil, il mourut en 1625^ dans sa quatre-vingt-deuxième année.
jours. Je suis toujours ici, à Compiègne; je ne sais quand j*en partirai, ni où j'irai. Dieu veuille me conduire et me donner patience ; j'en ai plus de besoin que jamais, de la façon dont je suis traitée ; si je le vous pouvois mander, vous en auriez pitié. Plût à Dieu être où vous êtes 1 je pourrois au moins donner quelque remède au mal de mon corps ^ Voilà ce que je puis pour cette heure vous mander, et pour la fin de cette lettre, je vous assurerai que, quoi que m'arrive, je serai votre affectionnée amie. Bonsoir. Faites mes recommandations à mon cabinet et à mon allée', n
Elle se flattait de pouvoir se retirer en Béarn et y achever paisiblement sa vie trop Agitée. Ces idées de retraite sont communes aux âmes qui^ ayant subi de grandes déceptions, s'imaginent avoir obtenu le calme aux dépens du bonheur*
1« Le duc de la Foroe^ gouverneur du Béam depuis le départ de Catherlae^ était alors à Pau, et la princcBse^ affaiblie et malade) regrettait la douceur, du climat.
2. Il s'agit ainsi du cabinet d'étude de Catherine au Casiel- Béskit, dans le paro du château de Pan^ ot de Tallée qui y eoaduisait, promonade favorite de la princcisse pendant qu'elle hHf* bitait le Béam; son chiffre aveo eelul deOorlsi^de étaH^ ù^on, gravé sur les arbres qui la bordaient*