‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 127 sur 186 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Catherine avait à apprendre que le repos sur cette terre n'existe pas plus dans le chagrin que dans la prospérité, et qu'à peine tombé, il faut se relever prêt pour de nouvelles luttes. La vie réelle n'a pas d'horizons tranquilles, et les héroïnes de ro- . raan ont seules le privilège de pleurer avec recueillement leurs déceptions. Catherine, traînant son existence en Béarn, entourée de' ses souvenirs de jeunesse et d'amour, aurait sans doute plus de charme pour nous; mais elle perdrait aussi le grand intérêt qui devait la suivre jusqu*au tombeau et la présenter à l'histoire comme constamment dévouée à son roi, à sa religion et à sa patrie»

Autant que l'on peut s'en assurer par les lettres du temps, la réconciliation du frère et de la sœur fut l'œuvre assez laborieuse du duc de la Force, de M. de Roquelaure et l'inévitable La Varenne. La princesse se rendit surtout à l'espoir de réintégrer le comte de Soissons dans les bonnes grâces du roi, et d'activer la publication d^ l'édit de Nantes en retrouvant son influence à la cour.

Elle paraît avoir réussi dans le premier de ces

vœux, car le comte de Soissons, à compter de cette époque, vécut en bonne intelligence avec Henri. Mais le ressentiment du prince contre Sully laissa percer aux yeux de tous le chagrin qu'il nourrissait intérieurement. N'osant plus s'attaquer au roi, il cherchait en maintes occasions à se venger du ministre qui l'avait trompé. Cette haine ne s'éteignit qu'à la faveur des années et par la force des événements.

Catherine revint donc à la cour, où la réclamaient les intérêts de sa religion et les instances de ses anciens amis. Henri avait appelé un grand nombre d'entre eux aux grandes charges et dignités du royaume. Plus que jamais la présence de sa sœur devenait, par cela même, nécessaire au Louvre. L'éclat imprudent que donnait le roi à sa liaison avec Gabrielle d'Estrées excitait les murmures d'un peuple qui, après s'être livré luimême pendant huit années aux excès politiques les plus désastreux, ne s'en montrait pas moins %lnpitoyable pour une faiblesse de son roi. Si telle était l'impression du public éloigné de la cour, combien devait être plus vive encore celle de ces

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