CHAPITRE VIII
prendre résolution de ce qui me reste à faire, de quoi je vous avertirai. Bonjour, ma chère sœur. Ceux qui n'ont point été à Amiens doivent être bien honteux; jugés que doivent être ceux qui m'y ont laissé. Je vous baise cent mille fois.
« Henry. »
Cette reprise d'hostilités ne fût pas inutile à la conclusion de la paix. Henri ne dictait jamais mieux ses conditions que les armes à la main ; et dans ces temps de défections sans cesse renaissantes, il était nécessaire de soutenir les négociations par des triomphes militaires, ta situation du roi en face de ses ennemis se dessina plus nettement aussi. Il lui restait à réduire le parti du duc de Mercœur en Bretagne, dernier reste de la Ligue; celui des Espagnols et celui des Réformés, représentés par la Trémouille et Bouillon.
Henri IV pouvait tenter de soumettre la Bretagne par les armes ; mais, toujours économe du sang de ses sujets et des ressources de son royaume, il préféra la voie des négociations. Il traita avec le duc de Mercœur, dont la fille fut
fiancée au fils de Gabrielle d'Estrées. Cet enfant, alors âgé de quatre ans, fut légitimé, et le roi s'accorda avec Catherine pour lui donner le duché de Vendôme, tandis que le duc de Mercœur se démettait en sa faveur du gouvernement de Bre- /J^ F^ tagne. A ce traité succéda celui de Vervins, qui, /j? ^^l) terminant la guerre avec l'Espagne, assura enfin une paix durable à la France.