CHAPITRE IX
Édit de Nautes. — Part de Catherine à cet édit. — Effet produit par l'édit sur les catholiques. — Conduite de Henri IV.— Projet de mariage entre Catherine elle duc de Bar. — Motifs de Henri IV et du duc de Lorraine. " Obstacles à l'accomplissement de ce mariage. — Persistance de Catherine à demeurer calviniste. — Conférences religieuses. — Contrat et paroles de Catherine et de Henri IV.— Respect de Henri pour la liberté de conscience. — Arrivée du duc de Bar. — Caractère de ce prince. — Conférences religieuses. — Opposition du clergé français à la célébration du mariage.
Le traité conclu avec Mercœur avait achevé de désarmer la Ligue et terminé la guerre civile du côté catholique. Mais il restait à ^umettre une opposition plus dangereuse encore, dont nous avons expliqué précédemment l'organisation et rimportance. C'était celle des calvinistes, que les améliorations apportées dans leur situation par Henri et dues en partie à l'active intervention de sa sœur, n'avaient pas rendue moins agressive. Une nouvelle guerre religieuse et politique menaçait un État éprouvé par trente-huit années de guerre civile et étrangère, et arrivé à ce degré d'épuisement oîi une dernière crise suffit pour décider la mort. Le roi sauva la France de cette
16^"^ fatale épreuve en accordant Tédit de Nantes aux i ''^'^ C'*'^/ calvinistes. La part active que, selon Thistorien ])|athieu, Catherine de Bourbon avait prise à la rédaction de ce pacte célèbre, auquel elle avait travaillé deux années entières, exige que nous en rappelions sommairement les principaux points. (( L'édit de Nantes, nous dit M. Poirson dans son intéressant travail sur le règne de Henri IV, fut la charte des réformés français pour près d'un siècle. Ils obtenaient la liberté la plus entière de conscience, ne pouvaient être ni recherchés dans leurs maisons pour leurs croyances et les pratiques non publiques de leur culte, ni astreints à faire aucun acte contraire à leur religion, Ils en obtenaient l'exercice dans trois espèces distinctes de lieux; l'État leur permettait d'avoir des temples dans les localités fort nombreuses comprises dans cette triple division, pourvoyait aux appointements de leurs ministres et des régents de leurs collèges, leur permettait de recevoir des donations, legs pour cet usage, développant largement les concessions déjà faites par les édits et traités subséquents. Si l'exercice public du culte fut interdit