‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 134 sur 186 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

dans plusieurs grandes yilles, cette restriction fut approuvée, presque demandée, pour divers motifs, par les réformés eux-mêmes. Ils jouissaient des mêmes droits civils que les catholiques, en tout ce qui concernait leur domicile dans le royaume; des dispositions particulières leur garantissaient certains droits et les protégeaient contre des dangers qu'ils avaient longtemps courus. Il était défendu aux prédicateurs et aux professeurs de leur adresser des qualifications injurieuses et de soulever les peuples contre eux ; il était interdit à leurs parents de les déshériter pour cause de reli* gion, de leur enlever leurs enfants par force ou par captation pour les élever dans la religion catholique. Leurs enfants pouvaient être admis dans les collèges, leurs malades dans les hôpitaux, sans distinction avec les catholiques. Une justice impartiale leur était assurée dans tous les parlements du royaume, et leurs causes étaient portées à une chambre spéciale, établie pour eux et nommée Chambre de l'édit. Ils étaient déclarés capables de tenir et d'exercer tous les états et dignités, tant royales que seigneuriales et municipales. Scus lé

rapport de l'aptitude, ils étaient mis sur le pied d'une parfaite égalité avec les catholiques. L'édit leur laissait, sous le rapport de leur organisation publique, deux espèces d'assemblées, l'une religieuse et l'autre politique, mais avec des restrictions qui limitaient l'usage des dernières. Us conservèrent, aux termes de l'édit, les deux cents villes que les traités et la guerre avaient mises entre leurs mains.

(( L'édit de Nantes, ajoute M. Poirson après en avoir relevé les vices et les conséquences inévitables, donna au principe de la tolérance religieuse la force et la durée dont il avait manqué jusqu'a- 1ers : par sa vertu propre, par son efficace puissance, il assura aux réformés, pour près d'un siècle, la liberté civile et la liberté de conscience. La merveilleuse sagesse de Richelieu vainqueur l'ayant respecté dans sa partie religieuse, en lui enlevant sa partie politique, parasite et dangereuse annexe, le mit à l'état de loi pure, qui protégeait une classe entière de citoyens, sans dommage pour la chose publique. Par un excès sans nom de l'absolu pouvoir, Louis XIV put bien révoquer

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