‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 136 sur 186 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

droits des calvinistes par des dispositions dont la puissance du roi, chaque jour plus affermie, assurerait partout Texécution. Le clergé dénonçait la prédication libre et l'exercice public du culte comme des moyens actifs de propagande livres aux Réformés. Il appréhendait surtout que Tédit, en leur ouvrant Taccès aux charges et dignités, ne leur fournît en même temps la possibilité d'accroître leur puissance, et qu'ils ne l'emportassent enfin sur les catholiques par leur nombre et par leur crédit. Les catholiques, exaltés, opposèrent les plus violents murmures à l'acceptation et à l'exécution de la nouvelle loi ; des processions *eurent lieu à Tours et au Mans pour soulever le peuple contre l'édit et inspirer à la magistrature la résolution de le rejeter. De séditieuses paroles re» tentirent en chaire, et les passions qui avaient amené leë barricades et le meurtre de Henri III se trouvèrent rallumées .

A cette irritation Henri opposa d'étieî^îques reiîiontrances adressées au parlement^ des ordres rigoureux, le concours de quelques bons citoyens, une active intervention en faveur du Saint-Père

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pour la restitution du duché de Ferrare, et enfin une alHance étroite avec la Lorraine dont les princes étaient connus par leur attachement au Saint-Siège.

On comprendra facilement qu'en de telles circonstances, Henri IV, après avoir comblé les vœux des calvinistes, et satisfait ainsi leur plus illustre protectrice à la cour, ait songé à réaliser un projet qu'il mûrissait depuis longtemps. C'était de donner sa sœur en mariage au marquis de Pont, duc de Bar, héritier présomptif de Charles III, duc de Lorraine. Il y voyait des avantages dont seul il était capable d'apprécier l'immense importance. En s'alliant de si près au duc de Lorraine, il calmait et rassurait la France catholique et les anciens ligueurs ; il prétendait amener Catherine à rentrer comme lui dans le giron de l'Église ; enfin il inaugurait les vastes desseins qu'il méditait pour la gloire et l'agrandissement de la Finance.

Il fallut cette réunion d'événements pour le décider à montrer à sa sœur, une fois encore, son énergie sévère et son inflexible volonté. Vainement Catherine objecta la répugnance et la crainte

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