‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 137 sur 186 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

que lui inspirait le mariage avec le prince de Lorraine. Plus inutilement encore, elle représenta combien ce sacrifice coûtait à son cœur. « Ma sœur, écrivait confidentiellement Henri au duc de la Force, est en la même mauvaise humeur qu'elle étoit h Compiègne , qui m'est une affliction insupportable. C'est pourquoi je me dépêche le plus qu'il m'est possible de la marier et de me donner ce contentement après tant d'autres que Dieu m'a donnés , comme de la paix générale en mon royaume, et la particulière avec ceux de la religion . » Résister à Henri IV lorsqu'il s'agissait des intérêts de la France, n'était pas chose aisée. La moitié de l'année 1598 se passa à résister d'une part, à dominer de l'autre. Henri convoqua ses anciens amis, Mornay surtout, pour soumettre sa malheureuse sœur. Ce fut un ennemi intérieur h vaincre , et ce ne fut pas le plus facile. Lorsque enfin l'inégalité de la lutte, la lassitude et, osons mAme l'avouer, la misère, cette royale misère qui, poursuivant toujours la princesse, la mettait dans la dépendance du roi et de ses ministres , eurent raison de la résistance de Catherine, la victoire

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de Henri ne fut pas complète. La sœur du roi de France était soumise; mais la fille calviniste de Jeanne d'Albret demeura indépendante, et sur les ruines de la liberté du cœur et de la personne, la liberté de conscience s'éleva dans sa plus éclatante manifestation.

Les négociations du mariage marchèrent rapidement. Le duc de Lorraine était aussi empressé que le roi de le conclure. Comme ïïlisabeth et Sixte-Ouint, il avait compris le génie de Henri IV et apprécié la profonde portée de sa politique. L'incorporation définitive de ses États à la France lui parut en être une conséquence inévitable , et il crut la retarder par une étroite alliance avec son redoutable voisin. Une autre pensée le diri'» geait encore. On doutait encore que Henri FV réussît à obtenir la dissolution de son mariage avec Marguerite de Valois; ainsi, à défaut d'héritiers légitimes, ceux de sa sœur pouvaient un jour mettre en avant quelques prétentions à la couronne de France. Telles furent les causes de la persévérance de Charles III et de Henri IV à réaliser un projet contre lequel s'élevaient de graves

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