CHAPITRE IX. S5i
obstacles. Le premier était l'éloigneraent non équivoque de Catherine pour le prince de Lorraine, éloignement dont on connaissait la cause, et que la sombre inimitié de Soissons pour Sully expliquait fort clairement. Le second obstacle existait dans la différence de la religion des fiancés ; le duc de Bar était fervent catholique et la princesse Catherine se montrait de plus en plus attachée au calvinisme. En outre, ils étaient alliés h un degré qui ne leur permettait de contracter mariage que moyennant une dispense ; et il paraissait peu probable que le pape l'accordât tant que Catherine resterait hors de TEglise. Une année entière se passa à lutter contre ces difficultés sans arriver à une solution satisfaisante. Henri IV et Charles III prirent alors le parti de les trancher W phis promptement possiHe *.
Le mariage fut décidé h la fin de décem-
1 . « Presque toua les pinces sont en celte ville, éorivait le duc de la Force en septembre 1598 ; Madame aussi n'en bouge point. 11 est certain que son mariage est arrêté, et parle-t-on de faire noces à Noël. Après avoir pris résolution de mes adirés avec un conseil, je lui irai baiser les mains, et ferai le reste des visites que je pourrai, pour après aller trouver le roi, où je ne
2r,0 ( ATHERINi: DE DOrHUON.
bro 1398. Les contrats réglèrent que la princesse, nommée dans les actes duchesse d'Albret, comtesse d'Armagnac et de Rhodez, vicomtesse de Limoges et Fezenzaguet, aurait pour apanage annuel une somme de cent mille écus; que ses enfants porteraient les mêmes titres et en seraient pourvus, et que, pour douaire, en cas de décès de son mari, elle aurait l'État et duché de Bar en Barrois, dont elle jouirait avec une pension annuelle prise sur le domaine de Lorraine. Ces articles furent lus au roi et à la princesse au château de Monceaux, en présence des princes du sang, des membres du conseil, des officiers de la couronne et de toute la cour. Henri IV, avant de présenter la plume h sa sœur et de signer luimême, déclara « ne la contraindre, ai façon que ce fût ^ ni audit mariage, ni à être catholique, se contentant pour l'un et pour l'autre de lui pro-
demeurerai que deux jours. L'on m'a nrr^té un logis assez commode et assez près du Louvre, contre Iftfuc Saint-Honoré, où nous pouvons tous loger ; ils fournissent linge, lits et vaisselle, et ont arrêté prix à quatre livres par jour, et ce pour le temps que je voudrai. » (28 septembre 1598, le duc de la Force à M»e do la Force, M^m,, t. î, p. 203. Mèm,, ihùL, p. 297.)