CHAPITRE X
jeune encore et agréablement éclairée par un regard intelligent et bon. On lit au-dessous les vers suivants:
« A Tunique princesse, honneur de noire France, Digne sœur d'i n grand roy, ce prince généreux A fait pour sa Lorraine une double alliance, Par un sainct hyménée également heureux. »
La duchesse de Lorraine soutint avec grâce et -dignité sa situation nouvelle. Le caractère affectueux et doux de son époux, l'esprit élevé de son beau-père lui inspirèrent assez promptement , sinon une vive tendresse, du moins une sympathie reconnaissante dont ils se contentèrent. Catherine, malgré les orages de son existence, n'avait rien perdu de son enjouement» Elle possédait surtout au plus haut degré ce besoin de plaire qui domine les femmes, à tel point qu'elles s'oublient parfois à séduire ceux mêmes qu'elles ne peuvent aimer. On dit que, dans un accès de ce genre, elle avait été jusqu'à dire au duc de Lorraine que l'heure agréable de sa vie était al^ri^vée : « Grata superve-* niatqtide non sperdbittÊr kora :\dÂite dame, remarque Palma Caj et, étant fort bien instruite en latin.»
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27(1 CATHERINE DE BOtmBON.
Cependant elle cacha peu ses regrets de quitter son frère et de s'éloigner de son pays. La douceur avec laquelle Henri avait traité sa constance religieuse ajoutait une reconnaissance enthousiaste h ses sentiments naturels. Dans une lettre adressée à la duchesse de la Trémouille, la princesse d'Orange s'exprime ainsi : « Madame part jeudi. Vous n'avez jamais vu tant de regret de laisser la France. » Et dans une autre lettre, elle raconte le départ : « Votre sœur (la duchesse de Bouillon) a vu les derniers adieux du Roi et de Madame, qui ont été pitoyables, car Madame s'évanouit en disant adieu au Roi qui pleura fort aussi. »
Malgré ces tristes pressentiments, l'existence de la duchesse de Lorraine fut heureuse durant la première année de son mariage. La vie paisible, les habitudes simples et bienfaisantes de la maison de Lorraine, convenaient au caractère et aux goûts de Catherine. Dans ses lettres, on voit qu'elle se plaisait à comparer la beauté agreste de quelques parties des États de son beau-père à son Béam et à ses montagnes natales. A Nancy et à Sans-Soucy S