CHAPITRE I
de sa mère. Les huguenots, témoins de ces démonstrations tendres et respectueuses, pressèrent Jeanne d'Albret de céder à presque toutes les exigences de Charles, persuadés que le maris^e de Cathopine et d'Henri serait pour eux un triomphe ^^^^^'-^^ ' ' sur la cause catholique. La reine, le comte de^* ''
Nassau et M. de Rosny ( père du futur ministre d'Henri IV), doutaient seuls du succès. Jeanne se. Va. sentait dominée. Son caractère ouvert et confiant ^ ne savait rien opposer au génie machiavélique de Catherine de Médicis, et ne le comprenait même pas. Aussi ardente et vive que Catherine était pa- dé ^ ' tiente et observatrice, elle opposait d'abord aux concessions que l'on exigeait d'elle une violence qui la condamnait ensuite à les adopter sans restriction. Elle prévoyait la destruction des plans de conduite qu'elle avait formés pour son fils, et l'irrésistible influence qu'exerceraient sur lui la reine mère, les séductions de son entourage et les charmes de Marguerite de Valois. Multipliant alors les avis, elle écrivait lettres sur lettres au jeune prince, à son gouverneur, et révélait ses anxiétés, ses regrets et son impuissance. Derniers efforts
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d*un nabte ç>(Mt contre? Tiiïstirtnoûtâbk^ déstiftéc* sotts laquelle il fallait fléchie.
Une autre cause d'inquiétude se joignit aux soucis que lui donnaient les longues négociation» qui I^cédêrent son consentement à ce mariagôr Au commôncement d'avril, Catherine fut atteii>ie A'tm^ pleurésie * dont k gfglvité ne laissa d'dÈwd aticun éfspoir. Pendant une semaine entière, la rëlne ne quitta point le chevet de la jeune princesse presque expirante, et la soigna avec cétfé énergie désespérée du dévouement maternel (^ semble parfois conjurer les menaces des plus Redoutables arrêts du ciel. Le dixième jour dé U maladie, les médecins Gaillard et DesncBûds déclarèrent le danger passé J mais les saignées ahort-» danfés qu'ils avaient pratiquées selon Tusagé dé ce temps, avaient réduit la princesse â un état d'affaiblissement qui exigeait unreposdépltiéîëtif's mois. La reine fut cependant obligée de partir avec elle pour Paris, car le mariage de Êtenri s'était conclu durant la maladie de sa sœur, et les
1. Lettre de Jeanne d'Albret à Charlotte de Bourbon, abbesse de Jouarre.
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lettrée répétées de Charles lï p'admettaieat plus d'hésitation. L'entrée de Jeanne dans I^is fut si-lendeuse ; Tinfinence des Guises suf la future ea*^ pitale de la Ligue se faisdt déjà sentir, et le peu^e aecueillit avec une curiosité hostile l'alliée d'élisabetti et des protestants d'Allemagne. Selon Favyn, la reine alla demeurer à l'hôtel de Condé, rue de Grenelle^int-Honoré, et , selon d'autres historiens, chez lean Guillard, ancien évéque de Chartres. La santé de Jeanne, affaiblie depuis quelques années, éprouvée encore par se» récentes inquiétudes pour sa fille, semblait entièrement détruite. A l'énergie fébrile qui l'avait soutenue pendant son séjour à Blois, avaient suceédé une morne langueur, un découragement insunnonta^ ble. Naturellement disposée à la rèv^rto, elle paraissait plus que jamais étrangère à ce qui se passait autour d'dle, et restait plongée dans unie triste méditation. Ce n'était qu'en lui parlant de ses enfants que ses amis la ramenaient à diemême, et les larmes qui brillaient alors d^ns ses regards, révélaient les soucis et les angoisses que lui causait la perspective de l^r a^^nir.
Cependant les apprêts du mariage de Henri dissipèrent momentanément sa mélancolie. Une dernière lueur de cette brillante énergie qui tant de fois l'avait distinguée, éclaira son esprit, lui inspira d'éloquentes paroles et de gracieuses réponses. Accompagnée du maréchal de Montmorency, gouverneur de Paris, elle visita les ateliers des artistes et des armuriers en renom, choisit et commanda des bijoux, des parures et des joyaux destinés à ses enfants et à la belle Marguerite, ne voulant rien épargner pour égaler le luxe déployé par la cour de Charles IX. C'est dans le courant de ces visites qu'elle passa chez le parfumeur de la reine mère les instants dont les libelles répandus plus tard par les protestants de Genève ont parlé avec une si vive défiance. Des soupçons sinistres se sont élevés contre un étranger que l'on croyait dévoué à Catherine de Médicis, et capable, même à son insu, de servir ses inlérèts et ses haines avec un zèle impitoyable. Il est cependant avéré que la maladie à laquelle succomba Jeanne la consumait avant son entrée dans le laboratoire florentin, et touchait à sa dernière crise.