CHAPITRE X
hôritei' iVuii dioit au troiic de France. Catherine pressentait vaguement ces déceptions; eHes ne lui laissaiei^t plus d'appui que k tendresse de Henri lY et k timide affectioia de son mçtri , qui, s'il faut en croire Sully, l'aimait épe^^umeut. C'était alors qu'elle écrivait au «û les lettres suivantes^ à l'occasipii de k mort de Gabriel.
(( Mon cher roy, (( Je sçay qu'à l'extrême ennui que vous avés, les paroles ne peuvent apporter de remède ; voilà ppurquoy je n'çn eipaploieray que pour vou^ assurer que jç le i:essens aussi vivçmeD,t;queraffectipA extrême que jç vou? pprte, et la, perte que j'ai faite d'u^e ^i parfaite amye * m'y oblige. J'eusse bieU: désiré d'çstre auprès de vous pour vou^ rendrç en cette affliction le très-hun;ible service que je vous d^QJ^. Croyez, mpu cher rpj^ qp^ j'aimeray toujours et servirai de roère ^ mes.
ii Cette expression de parfaite amie venait sahs doute de ce que Gabrielle n'avait pas été étrangère à la réconciliation de Catherine et d'Henri, après k rupture du projet de mariage entre elle et le comte de Soissons.
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292 CATHERINE DE BOUHBON.
neveux et nièces, et vous supplie très-humblement vous ressouvenir que vous m'avés promis ma nièce \ S'il vous plaît de me la donner, j'y apporteray la mesrae amitié et soin que si c'étoit ma propre fille. Monsieur mon mary vous témoigne son regret par celui qu'il vous envoie. Plût à Dieu, mon roy, pouvoir alléger votre douleur par la perte de quelques années, le souhaiterois de toute mon affection ; et, sur cette vérité, je vous embrasse mille fois, mon cher et brave roy. »
/^ Henri IV répondit ainsi à la lettre de sa sœur :
«Ma chère sœur, j'uy receu à beaucoup de consolation vostre visite. J'en ay bien besoin, car mon affliction est aussi incomparable comme Tétoit le sujet qui me la donne : les regrets et les plaintes m'accompagneront jusques au tombeau. Cependant, puisque Dieu m'a fait naître pour ce royaume et non pour moy, tous mes sens et mes soins ne seront plus employés qu'à l'avancement et conservation d'iceluy. La racine de mon amour
l. "Catherine-Henriette, mariée plus laitl au duc d'Elbeuf, morte en 1625.
CHAF»ITRE X. 293
est morte; elle ne rejettera plus; mais celle de mon amitié est toujours verte pour vous, ma chère sœur, que je baise un million de fois. <
(( Henry.
a Fontainebleau, 15 avril 4500. »
(( Mon cher rot,
(( .le n'ay pas voulu partir d'icy sans vous en* voyer ce laquais pour avoir l'honneur d'apprendre de vos nouvelles, étant extrêmement raarryo que devant que vous éloignez, je n'aye eu ce bonheur de vous voir ; si vous l'eussiez commandé h Monsieur mon mary et à moy, nous n'eussions pas failly d'y aller en diligence. Ce m'est un extrême regret de ne vous avoir pu rendre le service très-humble que je vous dois; car, mon cher roy, je n'ay de plus violent désir que de vous témoigner l'extrême amitié que, comme h mon cher frère, je vous porte, et ma continuelle servitude et obéissance comme h mon roy.
(( Ayez cette créance de petite sœur qui vous supplie très-humblement de l'aimer toujours.
Madnme de Pangeas va h Pjris; jo lui ai coni-
m CATHERINE DE BOURBON.
mandé de voir ma hièce, et, s'il vous plaisoit me l'fehvoyer, me l'amener; moy-même l'îray bien quérir quahd il vous plaira, car je suis résolue de Taimelp et thérir comme ma propre fille ; et bien que je les veuille tous aimer extrêmement, il me semble que je suis plus obligée à celle-là comme étant ma filleule. Je m'en vais demain à Nancy. Madame la princesse ma belle-sœur s'en veut aller trouver son mary dans cinq ou six jours... ))
(( Mon cher roy,
(( ie ne puis demeurer plus longtemps sans envoyer savoir de vos nouvelles : je porte bien envie à ce laquais qu'il ait l'honneur de vous voir et que j'en sois privée; mais je veux croire pour ma consolation que ce sera bientôt; car tout le monde dit que vous vous inariez, et je m'asseure que vous me ferez l'honneur de me convier à vos noces; plût à Dieu, mon roy, cela fut-il déjà, et que je me visse si heureuse et honorée que d'être tante d'un beau dauphin, et luy pouvoir donner un petit page de s» chambre qui ait l'honneur