‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 153 sur 186 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

d'être son germain, ce seroit le comble de ma Micité; j'en prié tant Dieu que j'espère qu'il m'exaucera.

(( Je vous ay mandé par esprit comtïie j'étois heureuse et contente icy; je continue et sembli^ que l'amitié de moiî beau-père et de mon mary augmente; je sais, mon roy, que vous m'aimez tant que vous en réjouirez; aussi est-ce vous qui m'avez donné ce bon mary; certes, mon roy, il faut que je vous avoue que je l'aime passionnément, car il m'en donne sujet extrêmement. Bref, je vous puis asseurer qu'il ne fut jamais lin plus heureux mariage ; Dieu vous rende aussy content quand vous serez en co saint lien que lïous le sommes. Ayez agréable, mon roy, que je vous parle avec cette liberté que je continueray autant que je connoîtrai que vous l'aurez agréable.

(( Quant à notre fille, permettez-moy de l'appeler ainsi, quand il vous plaira me l'envoyer, je l'aimeray et la tiendray aussi chère qu'une propre fille. Il faut que je vous die qu'il y a icy une peinture de vous à une galerie qu'a Monsieur mon beau-père, que je croi« vous voir, et non

sans avoir les larmes aux yeux , songeant de \ous avoir laissé. Ayez envie de me voir, mou brave roy, et cela sera, car le moindre commandement que vous en ferez à Monsieur mon beaupère, et à Monsieur mon mary, ils l'exécuteront; car Monsieur mon mary vous affectionne si extrêmement que toutes vos volontés luy serviront de loix. « Il meurt d*envie de vous aller baiser les mains et de renouveler les vœux de sa très-humble servitude ; quant à moy, je suis tout à vous. Lo changement de condition ne me rend moins assujettie à tous vos commandements, à Texécution desquels je ne trouveray jamais rien de difficile, (îmyez-le, mon cher et brave roy. Je vous importune d'une longue lettre; mais il me semble que je pnrle avons. »

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