CHAPITRE XI
nés. Le marquis de Beauvau l'exposa au cardinal Bellantiin * ;, et le confesseur du prince ati cardinal d'Ossat % envoyé de Fràiice à Rome.
Celui-ci n'accepta cette mission qU'a\ec une t^xtrême répugnance. Il blâma la conduite du prince et en témoigna son mécontentement à la cour de France. Le langage des conseillers du duc alarma sa sincérité, et la faiblesse excessive de ce prince déplaisait à son esprit actif et ferme. Il dfevina promptëment les intentions de la bour de Lorraine; puis, se rappelant l'hésitation de la princesse au moment de son mariage^ il brut qu'elle-v même désirait trouvîBr un prétexte pour quitter un époux qu'elle n'aimait pas fet dont elle n'était pas aimééi Prévoyant néanmoins le trouble qu'un tel divorce causerait dans la politique française, . il résolut de s'y opposer par tous les moyens pos^ sibles, et consacra pendant plus de deux ans à
1. Bellarmina (Rob.), célèbre théologien et canoniste, né ^ Monte-Puiciano, en 1542. D'abord jésuite et ensuite archevêque de Câtiolie, cardinal fet bibliôthécâite du Vatican, «ndrt en 164 1.
2. Arnaud d'Ossat, né à Laroque, diocèse d'Auch, en 1536, chargé d'jtfîaires à Rome depuis Henri III. Il mourut en H'M. Corrêsp. du cnrrHnahrOssat, t. IV, 1. 228.
:m CATHERINE DE BOURBON.
cette négociation une activité qui, dit-on, fut Tune des causes de la mort subite qui le frappa au printemps de 1604.
Clément VIII refusa d'abord la dispense d'une manière positive. « Jamais, dit-il, elle ne serait donnée tant que la duchesse demeurerait dans ses opinions. Il ajoutait qu'il se ferait plutôt mettre en quatre quartiers que de valider un mariage dont Tun des cx)njoints ne le reox)n naissait point pour pasteur de TÉglise ni pour avoir puissance de le dispenser, et outre cela ne croyait point que le mariage fût un sacrement, ni qu'il fût illicite de le contracter entre proches parents, comme l'étaient le duc et la duchesse ; que, selon les cas de conscience qui se pratiquaient en l'Église romaine, l'on ne donne pas l'absolution pour le pg;ssé, si celui qui la demande ne promet de se désister du péché pour l'avenir \ »
Mais en même temps le pape montrait une adrilirable sollicitude pour la princesse hérétique. 11 offrait d'aller la catholiser lui-même^ et nommait les théologiens les plus capables de la convertir. Il
I. Corrpsp. (ht canlmal JOssat, ]. ccri.xvi, à M. doVilléloy.