‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 158 sur 186 · CHAPITRE XI. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. m

lui proposait, entre autres, le savant et spirituel auditeur Séraphin Olivieri \ qui passait pour avoir obtenu de lui qu'il se décidât à absoudre Henri IV en 1S95. Lgin de fixer un terme à l'époque de sa conversion, il laissait à la duchesse tout le temps qu'elle pouvait désirer ; il promettait même d'accorder la dispense si elle s'engageait simplement à rentrer tôt ou tard dans le sein de l'Kglise. Il invitait aussi le duc de Bar à retourner en Lorraine, et il lui permettait de gagner le jubilé et de participer désormais aux sacrements . Quelques sages et prévoyants avis étaient ajoutés h ces conseils, et prescrivaient au duc d'éloigner sans éclat de sa femme les personnes dont l'influence était nuisible aux progrès de sa conversion, dette décision était loin de répondre à l'espoir de la cour de Lorraine. Le duc quitta Rome et revint à Nancy, où les scrupules de sa conscience,

i. Olivieri (Séraphin), fils de Jacques Oliviepi, professeur de droit canon, puis cardinal, né à Lyon en 1538, mort à Rome en 1G09. 11 passait pour avoir été le seul capable, à la cour do Rome, d'avoir décidé Clément VIII à absoudre Henri IV. L'o pinion générale était, à Rome, que s'il pouvait s'enirelenir avec la (liioliossp d(» B«i', elle se convoi*fn*ail.

un instant calmés par de pieuses pratiques, se réveillèrent plus violents. Il vécut séparé de la duchesse, en proie à une mélancolie profonde, et parlant quelquefois, dit-on, d*échai^er son titre contre Thumble et solitaire existence d'un disciple de saint François d'Assise. De son côté, laduchesse, inquiète et souffrante, humiliée de cet abandon, restait livrée aux soins et aux conseils dé ses dames calvinistes, et aux exhortations de Mbrnay, dont le zèle religieux redoublait deferveur. Henri IV, instruit de sa situation et offensé de Tisolement dans lequel on laissait sa sœur, écrivit à Rome pour presser ses ministres d'obtenir la dispense, condition première d'un rapprochement entre les deux ^oux. a Ma s(3Bur (disait-il dans sa lettre au cardinal d'Ossat), apnt vu revenir son mari sans rapporter ce qu'il avoit demandé, s'en est. tellement affligée qu'elle est tombée gravement malade ; elle commence h se mieux porter. Mon cousin, je vous prie donc d'aider à secourir cette famille de cette consolation au besoin qu'elle en a, et j'aurai bonne part nu repds qu'elle en recevra . »

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