CHAPITRE XL
Il désira en même temps revoir la princesse^ qui vint à Paris avée le duc de Bar peu de «e^ maines avatit la naissance du dauphin, depuis Louis XIII, éont elle fut témoin à Fontainebleau en 1602. C'est pendant le séjour de Catherine en France qu'eut lieii la dernière et la plus cél^re des conférences rel%ieuses réunies pour sa conversion au catholicisme. Mieux inspiré que le duc de Lorraine^ Henri IV avait choisi le célèbre cardinal du Perron pour présider la conférence. Lu réputation européenne du prélat, sa brillante éloquence, sa récente victoire sur du Plessis-Mbrnay lui présageaient un succès presque certain sur l'esprit de la duchesse. Un instant on la crut soumise. Elle l'écoutait avec ûti attrait qui alarmait les calvinistes et satisfaisait vivement Henri FV, quand une autre influence vint déttuire ce nouvel espoir. A l'époque du mariage de Catherine, le roi avait choisi Anne, troisième fille de la duchesse de Rohan, pour accompagner sa sœur en Lorraine. Éloquente et vive comme sa mère, Anne avait de plus la séduction de ses vingt ans, de sa beauté, de son imagination enthousiaste. Les
exhortations du cardinal Duperron échouèrent devant sa voix jeune et ardente ; et Catherine, entraînée par ses raisonnements, refusa encore de se convertir. « Ma sœur écoute bien Tévêque d'ftvreux, écrivait le roi à M. de Béthune, arabas* sadeur à Rome ; mais elle ne fait encore aucune démonstration de vouloir acquiescer à ses raisons, de quoy je suis très-desplaysant. » D'un autre côté, la duchesse de Bouillon écrivait à la duchesse de la Trémouille : « La conférence offerte h Mgr d'Évreux est encore, je croy, sur le bureau. Le voïage du roi, avec le peu d'envye qu'il a que Ton en tire des preuves pour la vérité, la rompra. L'on a douté de Madame, qui s'est fort raffermie et promet constance. Elle a gagné un grand coup si elle peut s'en retourner en Lorraine sans avoir fléchi. Dieu la fortifie par la grâce *. » — Et dans une autre lettre, datée du 30 décembre : — « Pour toute nouvelle, de Maurier me mande la grande constance de Madame, qui est une très-bonne, et
1. Lettre datée de Langenis, l®*" décembre, écrite par Elisabeth de Nassau, duchesse de Bouillon, à sa sœur la duchesse de la Trémonille. {BihL de r École des Chartes, p. l.lli. t. Ilf, i*" s/m'Îo. Communiqnôo pnr M. Mai'Chopray.)