‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 17 sur 186 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

reine, vêtue d'une robe de satin blanc brodée d'argent et du manteau royal de velours violet, fut exposée sur un lit dans une chambre tendue de noir; aucun cierge ne brûlait près d'elle; imlle voix ne faisait entendre les sublimes prières que la liturgie catholique consacre à la mémoire des trépassés: tout appareil était supprimé. Le public fut admis pendant cinq jours à venir s'incliner devant l'illustre défunte. Un sentiment de pitié profonde, auquel, sous l'empire des passions haineuses de l'époque, venaient se mêler d'affreux soupçons, s'éleva dans le cœur de presque tous ceux qui purent contempler ce front austère dont les pensées à jamais évanouies avaient souvent troublé les projets de ses adversaires. Longtemps on resta persuadé que Jeanne avait été empoisonnée par un des sinistres secrets laissés par les Borgia aux Médicis. L'accusation a été souvent reproduite, et Ton doit toujours la repousser comme une calomnie enfantée par les pa||îûns crédules de lu France au seizième siècle. Si l'Estoile, Olhagaray, de Thou et Mézeray n'ont pas craint de joindre ^ leur témoignage à ce préjugé vulgaire, il faut se

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rappeler que la eouroe à laquelle a puisé le pît*» mier de ces historieas n'est autre que rimmonde libdle intltirié le Discours merveilleux^ et que las autres ont plutôt obéi à leur esprit de parti qu'à une conviction raisonnée ou appuyée sur des faits certains. Contre euK s'élèvent, avec l'accent de la vérité, Cayet, dans sa Chronologie novermaire; Favyn, dans son Histoire de Navarre; le médecin Gaillard et le chirurgien Desnoeuds, dans leurs rapports. Ces derniers, zélés protestants et autairs de plusieurs écrits contre la cour de Chartes K, n'auraient pas manqué de signaler le crime s'ils avaient découvert ou cru apercevoir la moihdre trace de poison.

La mort de Jeanne d'Albret rendait Catherine de Médicis et Chartes iX protecteurs de la jeune o^heline qu'elle laissait séparée de son frère. C'est maintenant au Louvre, au milieu des sanglants épisodes de la Saint-Barth^emy, que nous chercherons Catheitee de Bourbon.

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