AU CONNÉTABLE DE MONTMORENCY
Nevembre 1595.
Mon cousin, je ne vous ay vouUu rien mander de mon parlement jusques à ce que j'en fusse résolue. Je pars anuit et vas coucher à Louvre, et demain à Senlis, où, selon que vous m'avés promis, j'espère de vous voir. Mandés-moy ce qui en sera. Croyés, mon père, que je me resjouis inflniment de vous voir, comme une des personnes du monde que j'aime et estime le plus, et de qui j'espère de meilleurs offices. Aymés-moy donc, mon père, et croyés que je vous rendray autant d'amytié que si j'étois vostre propre fille. Permettes que je bayse les mains à madame la connestable^et que, par ce mot, je l'asseure du désir que j'ay de la servir, et que, finissant cet le
1 . Henri 1er, duc de Montmorency, fils dn connétable Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie de Tendes. Connétable depuis 1593. Mortett 1514. Il avait rendu d'importants services à Henri IV, qui l'appelait son compère.
2. Louise de Budos.Déjà mère de Charlotte-Marguerite, mariée en 1509, ? f^ au prince de Coudé, la connétable venait d'accoucher à Chantilly, de
Henry de Montmorency, filleul de Henri tV, le même qui périt sur l'écbafaud, le 30 octobre 1633, dernier de la branche cadette de sa maison et de la première branche ducale des Montmorency. Le connétable auquel les lettres de Catherine de Bourbon sont adressées, perdit Louise de Bodns peu d'années après, et se remaria à Laurence de Clermont-Montoisuii.
lettre, vous y trouviés un serment que je vous fais encore un coup, de vous aymer comme peu, à quy je bayse les mains et vous donne le bonsoir.