‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 172 sur 186 · A MON COUSEN M. LE CONNÉTABLE · texte numérisé non relu

A MON COUSEN M. LE CONNÉTABLE

Mon cousin, je suis contraincte de me plaindre à vous des outrages que les habitants de vostre terre de Montmorency, et nommément le juge d'icelle, font à une povre femme du lieu mesme, à cause de la relligion dont elle fait profession depuis longtemps. Cette femme s'appelle Laurence Terrier, qui, après s'estre veue traîner par les cheveux dans votre dicte terre de Montmorency, avec tons les diffames et injures qu'on se peult imaginer en un peuple qui n'est retenu de l'authorité de son juge et supérieur, a esté enfin contraincte d'abandonner sa maison et quatre petits enfants qu'elle a, pour se retirer en ceste ville, afin d'y vivre avec plus de seureté, et d'y rechercher quelque support contre les violences de vossubjectz; lesquels sont mesme si malicieusement effrontez de dire que le traitement qu'ils ont fait à ceste povre femma

384 ' CATHERINE tÈ fiOtJRBON.

eéi âë VÔkt^é ^ro^ré éôifimàndeitlèi!t, ëi àûi^^t vèàifë iÙikÛiM de ïié èoMt\t Âuctih hngttéiidt àëii^ irostië dicte terre. Et pour ce que je sçây, mon ëbuéitl, qilfr v69t*ë tôN lonté est toute autre, j'ay bien vouUu vous en escrire, pour vous suplier bien affectueusement de faire sentir à vos dicts subjects le tort qu'ils vous font d'employer vostre authorité pour favoriser leurs propres passions et outrages, leur défendant au reste (et nommément à vostre juge de Montmorency) de plus molester la dicte Laurence Terrier, mais au contraire, la laisser vivre en paix en sa maison, et luy rendre bonne justice en touttes ses affaires. Vous m'obligerez beaucoup par ce plaisir que la pitié de cette pmté feftime affligée ôt mon débVôit tiie fetot feqdé^ir de voùs^ mon dottâin, auquel je pi*îe Dlëu donnêi» eft sttrité heureuse et longue Vie.

P. 8i autog. ^ Je vous prifc de favoriser dette povre feiiime contre les injures qu'on luy fait ii^ustement. Vostre bien affectionnée cousine et parfaite amye,

(^ATHEKINE.

De Paris, ee tm» j. d'octobn^ 1599.

APPiaiDieÉ. jâS

Vlï

A MON COUàtN M. tÈ CONNÉTABLE

Mon cousin, je sùîs extrêmement marrye contfë tôîas, de 6e que vous mé voullés recevoir en estràn^èfe chês vous; cela me fait croisé que vous ne fti'aymêspâs comnrtè je m*élois promise. Je vous suplie vivre plus librement aVeC tnoy, et ne vous mettes en nulle peine pour cô qui nié touche; car je serai âssés pourveu que Vous me témoignés par un bon visage que je ne vous fasche point dé passer chés vous. Je n'ignore point les incommodités que la guerre apporte, bien marrye que vous les ayés ressenties. J'espère d'eslre demain à Paris, ou j'auray ce bieti de vous voir. Je crois que môs affaires m'y retiendront un Jour ou deux plus que je ne pensois. A demain donc. Cependant aymés-moi et mè croyês du tout disposée â vous âymeï et servir.

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