A M. DE FONTRAILLES
Monsieur de Fontrailles, je suis bien ayse de voir que l'esloignement des lieux ne diminue point l'affection que vous me portés, et que la mémoire delafeueroyne^mamère, vous la nourrit. Croyés, je vous prie aussi, que j'hérite de la bonne volonté qu'elle vous portoit, et qu'en tout ce qui vous touschera et aux vostres, je vous rendray office de vraye amie. Ce porteur vous dira toutes nouvelles de deçà. Pour la fin, je vous prye de croire et d'asseurer tous les gens de bien que, quelque chose qui puisse arriver, soit prospérité ou adversité, je ne changeray jamais la profession que je fais de suyvre la vraye religion. Et sur ceste vérité, je me recommande bien fort à vous, et suis vostre affectionnée et asseurée amye.
1. Michel d'Astarac, baroa de Marestaiig et de Fontrailles, sénécha d'Armagoac.
A MADAME DE MONTGLAT GouTernaote des enfants de France
Madame de Montglat^ ayant oiiy des rumeurs de guerre, et trouvant de jolies petites armes, j'ay cru qu'il les falloit envoyer à M. le Dauphin*, mons. mon neveu, pour s'opposer aux mauvais desseins de ceux qui veuUcnt brouiller. Je les luy envoie pour sa foire de saint Nicolas, et ay commandé à M. de Pardaillan de les vous porter de ma part, avec celle-cy, poUr les luy offrir et conserver, et de savoir particulièrement de ses nouvelles.