‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 25 sur 186 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lors qu'il estoit petit, par une imagination qu'elle en conçeut du dire d'un devin italien qui fut dans Monceaux, à sçavoir que le roy de Navarre devoit succéder à ses enfants *. »

D'un autre côté, un récit de Catherine s'accorde avec celui de Cayet :

« Depuis le roy Henry III, lorsqu'il revint de Pologne, me fust aussi proposé ; à quoy la reyne mère Catherine s'opposa, tant elle hayoit notre maison, à cause que l'on luy avoit dit que le roy, mon frère, succéderoit à ses enfants*. »

Le témoignage de la princesse prouve de plus que l'idée de Henri III fut exprimée assez hautement pour que le mariage lui eût été proposé. Il est hors de doute qu'elle l'aurait accepté , et que le roi, en s'assurant ainsi dès son avènement au trône l'alliance du roi de Navarre, aurait ramené la concorde entre les partis et combattu victorieusement l'influence de la maison de Guise.

Henri épousa peu après, selon le conseil de sa

1. Chronologie septennaire y p. 37, liv. !«'. Nouv. Coliect. des Mém, pour servir à Phistoire de France, par MM. Michaud et Poujoulat. Pari», Didier.

% GEcon, royales, t. II, p. 445,

mère et de sa sœur (la duchesse de Lorraine), mademoiselle de Vaudemont, nièce des Guise, quoique leur pouvoir lui parût déjà redoutable ; et pour la seconde fois depuis la mort de Henri II, une princesse alliée à la maison de Lorraine porta la couronnes II est peu d'occasions oîi la passion superstitieuse de la reine mère ait eu un résultat aussi fatal pour la France et pour sa famille. Elle renversait un plan sage et conciliateur, affaiblissait le pouvoir en aliénant de lui ses appuis naturels, et doublait ainsi la force de ses ennemis. Cette aversion invétérée de Catherine contre Henri et sa jeune sœur, donne encore la mesure du danger qui les environnait à la cour, et des intrigues qui allaient jusqu'à menacer leur existence, On sait avec quelle patiente adresse Henri sut les éviter, comment il feignit Tengourdissement et la nullité pour en diminuer les effets j comment enfin

1. « La royne, sa mère, et la duchesse de Lorraine, sa sœur le descouragèrent de la recherche qu'il désiroit faire de Madame Catherine de Navarre^ ainsi que nous l'avons dit cydessus, et l'asseurèrent qu'il ne trou veroit jamais femme plus de son humeur que Mademoiselle Louise de Vaudemont. » Cayet, Chronologie septennatre, liv, III, p. 143.

Page 1