‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 27 sur 186 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

adopté dans les premières années du règne de Charles IX; « ils voulaient, dit l'historien d'Avila, que les partis fussent d'égale force, espérant en devenir les arbitres, ou les détruire l'un par l'autre. »

Le départ de la jeune princesse de Navarre coïncida avec un événement dont les suites furent d'une extrême gravité pour le pouvoir royal. L'un des articles du traité qui la rendait à son frère, donnait le gouvernement de la Picardie au prince de Condé. Les habitants de cette province étaient les plus ardents catholiques du royaume. Ils refusèrent d'obéir à un prince protestant, et le duc de Guise profita de leur mécontentement pour former la première association connue sous le nom de Ligue,

Catherine, en quittant le Louvre, était accompagnée de MM. de Fervaques et de Sully, de M. d'Espalungue, que les Mémoires appellint son premier maître d'hôtel, et de la baronne de Tignonville. Henri de Navarre la reçut à Parthenay, et la conduisit ensuite à la Rochelle*, oïl elle fut

1* « Le i^y son frère fattendolt à Parthenay, et vint trois

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accueillie avec éclat par les calvinistes, dont elle avait repris à Châteaudùn les pratiques religieuses. Henri établit sa sœur à Nérac, petite ville alors bien fortifiée, située dans un pays salubre et fertile, au centre de ses opérations militaires.

Devenu maître de la Guyenne, il voulait conserver cette conquête, et réunir autour de hii les chefs protestants que décourageait la faiblesse du duc d'Anjou, chef du parti des modérés. Les hostilités, suspendues par Tédit du 14 mai, reprirent âvtec ardeur. La guerre civile dévasta de nouveau les provinces et devint cruellement meurtrière. Quand la lassitude obligeait les partis à poser les armes et à conclure une trêve momentanée, le roi de Navarre rassemblait sa noblesse à Nérac et à Pau ; sa petite cour, présidée par une princesse de seize ans, oubliait quelquefois les dangers et les infortunes de la guerre pour se livrer à des divertissements conformes à Tesprit de l'époque et surtout à la vie rude et frugale du pays. Les Mé-

lieues au devant d'elle ; puis s'en allèrent ensemble à la Rochelle, où ceux de la ville firent entrée au roy de Navarre. » (Mém, de Sully, t. I, p. 261.)

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