‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 28 sur 186 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

moires de Turenne et de Sully fournissent sur ce point de curieux détails ; l'ensemble forme utt tableau piquant des mœurs d'alors et de la situation de Catherine de Bourbon, louvoyant avec une habileté toute féminine entre les amours de so^ frère, les prétentions et les galanteries des jèUnes seigneurs de son parti, sachant déjà compîlendré les intérêts de Ôenri avec une rate pénétration, et favoriser ses toais les plus puissants avec Une adresse qui pi'ouvait qu'elle avait vécu à la cour de Catherine de Médicis. Les secrétaires de Stdly lui rappellent, dâtis ses Mémoires, le doîi que lui fit lia prihciesèe de Navarre^ d'une bague précieuse,

1. «.•...., De l'honneur et des faveurs qu'elle vous avoit autrefois faites & Paii, de vous avoii" mis de son balfet, et pria là peine de vous en mon«trer elle-même les pas et les figures, et encor à Corase, chez M. de Miossens, lorscju'il y fut couru une bague, qu'elle s'estoit offerte de donner, laquelle voyant que c'estoit vous qui l'aviez gaignée, et se doutant bien que vous la luy viendriez, sans aucun doute, demander, elle ne vous voulust pas bailler celle qu'elle avoit préparée pour ce mesme efPect, qui estoit de médiocre valeur,^ mais elle s'en estoit fait apporter une autre, qui valoit bien deux mil escus, qu'elle vous donna, se souvenant de la bien-veillance que la reine sa mère portoit à vostre père, qui l' avoit portée plusieurs fois entre ses bras. » {Mém. de Sully, t. III, p, 57.)

à la suite d'une fête dont il avait été le héros, et l'emploi de ses soirées au château de Pau en

(( ... Là, commençastes vous à faire le courtisan, Madame, sœur du roi, prenant la peine ellemesme de vous montrer les pas d'un ballet dont elle vouloit que vous fussiez ; et de fait, vous le dançastes huit jours après devant le roy, ainsy que nous l'avons ouy dire au sieur d'Yvetot. »

Les rédacteurs des Économies royales n'ajoutent pas que la princesse ait été satisfaite des progrès de son élève, auquel ce souvenir plut toujours sîhgulièrement, puisqu'il se le fait répéter à deax reprises * ^t ses complaisants secrétaires dans leurs volumineux manuscrits. Catherine de son côté n'oublia pas ces leçons, qui furent interrompues, h son regret non équivoque, par l'expédi^ tion du roi de Navarre contre la ville d'Eause, où le jeune Sully obtint des succès d'un genre différent.

Turenne paraît avoir été plus brillant encore à

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