CHAPITRE II
la cour de Catherine. Il avait dix-neuf ans à peine, et son existence était déjà riche en événements. Petit-fils du connétable de Montmorency, et allié de la reine mère, il avait grandi au milieu des cabales et des intrigues de la cour. Initié de bonne heure aux affaires les plus secrètes, dévoré de la soif du commandement et des grandeurs, il avait embrassé le calvinisme après la Saint-Barthélémy, bien phis dans Tespoir d'y trouver l'indépendance, que par aversion pour les excès criminels de la cour. Se croyant maître de la noblesse de sa province, pressentant la ruine du parti modéré, et voyant les princes huguenots prisonniers ou émigrés, il avait conçu le projet de se placer S la tête de leur faction. Une fortune considérable, l'éclat d'une origine qui remontait aux anciei^ comtes d'Aquitaine, encourageaient cet audacieux projet, que l'arrivée du roi de Navarre* en Guyenne ne tarda pas à faire échouer. Il tenta néanmoins d'occuper une place importante dans le parti qu'il a^ait espéré conduire, et devint effectivement l'un des chefs calvinistes les plus célèbres.
Au prestige d'une réputation, bxilknte et mé« ritée,Tureiine joignait les séductions d'uisi e^rit distingué, les goûts élégants et fastueux de9 princed de son teoaps* Il écrirait l^ien, parlait eiah eof e mieux, et avait uœ conversation agréable et méine instinctives 6« tels avantages ne pouvais»! manquer de le placer au prewôer rang è k cour de Catherine \ Quanl è la auaace de g«yteuitetie délicate qui s'établit entre le pvincesse et le WiUant g^Éittkomme, noue respectons trop la vé*
1. « «9e pfeôois ^kiiilp^ qnattdyeetoto hors d mpfoê àavoy é^ ^lavar/e, soit çn allant par le pays ou dai^ ma maison^ dç mettre toujours en avant quelque question de théologie, de philosophie, de politique, de la guerre, de la feçott^ de bien ^rlei* ou bien esoripe» de la civilité, ayaat souvent ^, quelcjijeQ p^r^ooRf^s qui CEvoient du sçavoir : cela me gardoit des mauvaises occupa- . tltma que prennent les esprits oisetni> et Me dotmott tiâe superficie dfi comioissance de la pluspart de^ d^Qui;^ qu'on tient en la fréquentation du vulgaire, pour en dire bien à propos quelque chose. » (Mém, du duc de BouUhn^ p. l^t, coll. Pet^t.)
2. « Le roi de Na^^uve, la paU faite, s'en^ vint» en Sa^iion^e et Périgueux, où je Tallay trouver avec un bon nombre de noblesse, plus grand qu'il n'en âvoit, oti j'en raceus tout Thoûneur et carresse que je pouvois denrer et àA Madame sa sc^r^ qui lui avoit esté renvoyée du roy après le départ du dit roy son frère. {Mém, du duc de Bouillon , p. 153.)