CHAPITRE I
fiancée aii duc de Clèves, contraireraent au vœu de sa famille, épousa, après la rupture de ce mariage, Antoine de Bourbon, duc de Vendôme '^
Antoâne était, selon les auteurs oontemporains^ un prince de belle et rare vérité^ au port imposant, aux manières élégante!» el majestueuses. Il se montra toujours brave et vaiUant : « car^ de cette race des Bourbons, écrivait Branttoie, il n'y en a point d'autreg. » ^'ambassadeur vénitien Tom* masio, qui l'avait connu, dit qu'il était grand, robuste et bien fait; que son courage militaire était hautement célébré, quoiqu'il fût jtotôt ufi bon soldat qu'un habile général. Velly, à une époque plus récente, le juge ainsi : <r Foncièrement bon, généreux, affable, plein de moctora*-
1. Antoine de Bourbon, duc de Vendôme,^ descendait en ligne directe et masculine de Robert, comte de Clermont, cinquième fils de saint Louis. Le duché de Vendôme étaH dàtré dans sa maison par le mariage de Catherine de Vendôme, sœur et héritière de Bouchard, dernier comte de Vendôme. Antoine avait pour frères : François, comte d'Enghien, qui gagna la bataille de Cérisolles ; Charles^ cardinal et archevêque de Rouen ; Jean, mort à la bataille de Saint-Quentin, et Louis, princo de Condé, qui fut père de Henri de Coudé, de François, prince de Conti, de Charles, qui fut cardinal, et de Charles, comte de Soissons.
tion , vrai citoyen enfin, s'il n'avait suivi que ses penchants, ou si les intérêts de ses favoris s'étaient toujours accordés avec ceux de l'État. » Les qualités et les défauts inhérents au vieux sang français se partageaient son esprit agréable, éloquent et léger. Successivement l'idole et le fléau des partis qu'il adoptait avec une inconcevable mobilité, en passant de l'Église à Calvin, de Calvin à Luther, de Luther revenant à sa première religion, il mérita le surnom de Feschangeur. Enfin, sa vie privée reproduisit trop fidèlement le désordre de son existence politique et de ses tendances religieuses. Sa dignité souffrit de son goût pour les plaisirs, et l'Estoile n'exagère pas en disant « qu'une intrigue d'amour lui faisait abandonner les plus grandes affaires du royaume. »
Cinq enfants naquirent du mariage d'Antoine de Bourbon avec l'héritière de Navarre. Trois d'entre eux moururent en bas âge *; les deux autres furent :
Ce héros qui régna sur la France
Et par droit de conquête et par droit de naissance^
1. Le duc de Beaumont, le comte de Maries et une princesse appelée Magdelaine.