‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 4 sur 186 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et Catherine, qui naquit à Paris le 7 février 1559 *. Elle lut baptisée au Louvre avec une grande solennité : Catherine de Médicis lui servit de marraine, et le roi de Navarre promit à Henri II d'en faire plus tard Tépouse de François, duc d'Alençon, troisième frère du Dauphin*

Jeanne d'Albret était venue en France pour assister aux noces du Dauphin avec Marie Stuart, et demander à Henri II son appui pour obtenir de l'Espagne la restitution de la Haute-Navarre*, que Ferdinand le Catholique avait envahie en 1512. La paix signée à Cateau-Cambrésis, entre l'An-

i. La reine Jeanne d*Albret occupait alors, rue des Francs- Bourgeois, n» 7, l'aile de la maison située entre la deuxième COUP et le jaidin. Au premier étag«, au-dessus de Fentresol, il y a encore un salon du temps de la reine Jeanne, décoré do glaces, de peintures et de panneaux en laque auxquels on n'a point touché *. (Bibliothèque de PÉcole des Chartes, 3, 4« série, 1856-1857. Lettres inédites de Catherine de Bourbon, princesse de Navarre, recueillies par Ernest de Fréville).

2. C'était une partie considérable du royaume qui s'étendait au delà des Pyrénées, du côté de l'Espagne. Pampelune en était la principale ville. Le royaume de Navarre avait été fondé au huitième siècle, par Inigo-Arista, sur les débris de l'empire de Louis le Débonnaire.

* Le saion a été vendu en 1864.

gleterre, l'Éeosee et la France d'une part, entre la France et TEspagne de l'autre, détruisit Tespoir 4e la reiuB, et contribua en môme temps à la faire incliner vers la cause de la religion calviniste, autrefois encouragée en Béarn par sa mère Marguerite de Valois.

La chétive apparence de Catherine contrastait tristement avec les brillants projets dont la cour de France entourait son berceau. Elle était faible, délicate et un peu boiteuse ; sa santé chancelante inspirait de continuelles alarmes. Mais la petite princesse avait déjà des flatteurs : ils décidèrent que son infirmité était une respectable tradition / y ,^g de famille, rappelant que son bisaïeul, le sire ' Alain d'Albret, avait été surnommé Jambe-Torte,

à cause d'un défaut semblable.-

Le premier événement de Tenfance de Catherine fut un malheur dont les suites eurent une grave influence sur sa vie entière. Antoine de Bourbon, son père, mourut le 17 novembre 15S9, d'une blessure à l'épaule qu'il avait reçue en visitant la tranchée au siège de Rouen. Jeanne d'Albret n'hésita plus à se décider ouvertement

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