CHAPITRE III
de Navarre ne demanda pas mieux que d'oublier la politique et de ne songer qu'à ses plaisirs. Marguerite de Valois, toujours disposée aux conquêtes, entreprit celle de sa nouvelle cour. Elle captiva le vieux chancelier Pibrac, et le décida à favoriser les huguenots dans le traité qu'il rédigeait. Non moins épris , mais plus heureux , Turenne l'entoura d'hommages qu'elle ne repoussa pas. A son exemple, les dames de la cour se disputèrent les succès, et maintes anecdotes, qu'il est inutile de rappeler ici, prouvent que la réforme religieuse n'avait réformé ni la morale ni les mœurs du temps.
Il semble indiscret de chercher Catherine de Bourbon dans cette cour galante, où les grâces de sa personne lui inspiraient de nombreux succès, où tant d'éléments de séduction devaient ébranler son austérité puritaine. Sa figure cependant reste calme et pure au milieu de ces désordres, et les écrits du temps, si prodigues en révélations scandaleuses et si peu jaloux de l'honneur des princesses, respectent tous la noble fille de Jeanne d'Albret. U y a des époques où c'est faire l'éloge
des femmes que de n'en pas parler; et, comme Elisabeth d'Autriche à la cour de Charles IX, Catherine demeura sans reproche au sein de la corruption la plus effrénée; aussi voyons-nous son frère lui confier dès lors le gouvernement de son royaume pendant ses fréquentes absences.
Le résultat des conférences de Nérac fut favorable aux protestants, qui obtinrent le droit de bâtir des temples, de lever des impôts pour l'entretien de leur culte, et d'avoir quatorze places de sûreté au lieu de neuf. La reine mère, à la ite du traité, retourna à Paris et laissa Marguete de Valois en Navarre. La reine suivit son ari et sa belle-sœur à Pau, où la mésintelligence rda peu à se déclarer. La religion en fut le préxXe. Là sœur de Henri, nous devons en convenir, était rien moins que tolérante, et ne permettait { Béarn aucun exercice de religion catholique, loiqu'un grand nombre des habitants de Pau ssent restés fidèles à leur ancienne croyance, arguerite de Valois obtint à grand'peine de faire re le dimanche une messe au château, dans une îtite pièce qui ne pouvait contenir que sept ou