CHAPITRE m.. n
sans toutefois alarmer ni surprendre le. roi de Navarre. Il n'en fut pas de même de P'»!^».; nr qui, instruit de l'incorrigible légèreté d( écrivit de sa main au roi de Navarre, ( malencontreusement la sereine quiétu cour de Nérac.
A la lecture de cet avertissement, H( prit promptement que le roi n'avait porté à cette confidence par le seul l'honneur de son beau-frère. H en fît part à la reine, et le vicomte de Turenne en fut également instruit. Les accusés se défendirent, protestèrent de leur innocence, et rejetèrent la calomnie sur la malice du roi. « 11 n'a intention, dirent>-ils au roi de Navarre, que de vous brouiller avec vos amis, si vous prêtez l'oreille à ses insinuations. Un de vos meilleurs serviteurs étant disgracié trouvera moyen de vous faire éloigner tous les autres. Qui sait même s'il n'a pas avancé cette accusation pour avoir une raison spécieuse de ne point vous délivrer Cahors et les autres villes promises en dot à sa sœur ! » Et les deux amoureux concluaient qu'il fallait prendre les devante
et s'assurer de gré ou de force la possession de ces villes *.
Henri céda à ces raisons, qui lui offraient une brillante occasion d'augmenter son pouvoir, et prit les armes, vivement approuvé par sa noblesse avide de combats et déjà lasse de son oisiveté. Le prétexte donné à cette nouvdle guerre était rînexéCTition de la convention de Nérac; maïs le nom de gueii^e des amoureux^ sous lequel l'histoire en conserve le souvenir, explique suffisammOTt quelle en fut la véritable ea»se, « On sera, dît Mornay en raillant ces événements, bien embarrassé à l'écrire si on veut lui donner quelque dignité. Il faudra assigne? pour cause d'un effet ce qui ne l'aura pas été, une cause généreuse au lieu de l'amour d'une femme. »
Le principal fait d'armes de cette guerre fut la prise de Cabors par le roi de Navarre. Les combats durèrent cinq jours, et Henri fit preuve de la plus folle témérité. Catherine de Bourbon et Marguerite restèrent à Nérac. La ville fut tOTue
l. EspiHt de la Ligue*
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en neutralité par ordre du roi de France, à condition que le roi de Navarre n'y entrerait pas tant que les hostilités se prcdongeraienU Mais Henri ne tint pas cet engagement, et vint furtivement voir mademoiselle de Montmoreney-Po^ seose qu'il aimait alors. Le maréchal de Biron, instmit de ce feit, attaqua Nérac \ et son artillerie brisa même quelques vitres du château.
Les princesses subirent très-vaillamment ce simulacre d'assaut qu'elles devinaient ne pas être sérieux. Kron, jugeant ensuite son hc«aieur satirfait^ envoya présenter ses excuses à la reine, et j5t retirer ses troupes.
U en fut de cette guerre comme de celles qui l'avaient précédée ; le succès, à peu d'exceptions près, appartint aux catholiques ; mais la faiblesse de Hem*i HI et le dé&ut d'ordre de ses troupes
1. « La reine de Navarre^ Madame sœtir du roy et tontes les dames de leur suite vinrent, pour voir l'armée ennemie et l'escarmonefae, sur les muraille», tours et portaux de la ville^ contre lesquels le maréchal de Biron fit tkrtr cinq oa six coups de canon^ puis se retira pour aller prendre logis. » (Mémi de StUly, t. I. p. 299, édît. Petitot* Mémoires fie Mûr^uerite de F<Uw* j 1. in, p. 192.)
l'empêchèrent d'en profiter. Las de cette lutte à la fois puérile, ruineuse et meurtrière, il fit commencerdes négociations, qui se terminèrent au château de Fleix par un traité où le duc d' Alençon fut médiateur entre les deux rois. La promesse d'être secondé dans l'expédition qu'il préparait en Flandre l'avait décidé à accepter cette mission, dont le résultat fut encore plus favorable aux protestants que le traité de Nérac.
Le roi de Navarre entra en possession de la dot de sa femme * , et le duc d'Anjou s'assura de l'appui des principaux chefs calvinistes, qui le suivirent dans les Pays-Bas. Turenne et La Noue furent de ce nombre. Marguerite de Valois retourna au Louvre, où des intrigues occupèrent son esprit léger et son âme inconstante. La petite cour de Nérac se trouva ainsi dispersée par une autre guerre.
Catherine ne resta point à Nérac après le dé-
1. Cette dot formait une valeur de trois cent mille éoiisd'orau soleil, l'écu évalué à 54 sous. La reine mère avait offert 200,000 Dvres tournois; les ducs d'Aiyou et d'Alençon, 25,000 livres chacun. Les sommes, n'ayant pu être payées comptant, furent instituées en achat de rentes au denier 12 sur la ville de Paris.