CHAPITRE
solide à une simplicité franche et bienveillante, il était honoré de rattachement du roi et de sa sœur *, et considéré de toute leur cour, ce fut à lui que Mornay remit l'exécution du projet qu'il préparait depuis quelques années.
Ségur devait se rendre en Angleterre, muni d'une instruction relative au mariage de Catherine et du roi d'Ecosse *, puis en Suède, en Saxo
1. Cette lettre de la princesse en est la preuve : « Monsieur de Ségur, j'ay reçu vostre lettre du quatre juillet, ensemble les nouvelles que vous me mandez, de quoy j'ay esté très-aise, les voyant si bonnes : cela faist paroître le fruit de vostre peine. C'est une chose si juste que le roy mon frère et tous ses arays soutiennent, que je m'assure que Dieu finira leurs peines, et leur fera goûter enfin un heureux repos et une vie plus contente que kurs ennemis ne pensent; je l'en prie tous Icsjoure, et qu'il garde ces bons serviteurs et mes amis, du premier rang desquels je vous mets. J'espère que la peine que vous prenez pour le service du roy mon frère ne sera point reconnue ingratement de luy, et la bonne volonté que vous m'avez toujours portée ne sortira jamais de ma mémoire. Croyez que je me souhaite souvent de pareils amis que vous près du roy mon frère, mais puisque son service vous en éloigne, croyez que cependant vous aurez en moy par deçà une fort asseuréeamie ; mais que je recherchcray toujours les moyens de vous en rendre preuve, lesquels attendant, je vous supplie encore vous asseurer que je suis, etc »
2. « Instruction pour traiter avec la royne d'Angleterre et aultres princes étrangers protestants, baillée par le roy de Navarre au sieur de Ségur, y allant de sa part, en juillet 1583. Dressée et minutée par M. du Plessis. »
et en Danemark. Il commença son voyage en 1K83. La cour de France en fut instruite, et Henri III ne cacha pas son mécontentement et la défiance que cette mission lui inspirait. Le roi de Navarre allait envoyer Clervant au Louvre pour donner des explications, quand un nouveau scandale, produit par la légèreté de la reine Marguerite ^ détourna Tattention publique et devint une occasion de négociations longues et délicates , dont Mornay fut personnellement chargé.
Le roi de Navarre, s'autorisant de Tafifront imposé par Henri III à Marguerite, qu'il avait chassée du Louvre, s'empara de plusieurs villes en litige entre la France et la Navarre. Il força Henri III de lui accorder la suppression des garnisons royales dans les places voisines de Nérac, et l'obligea par cette attitude hostile à modérer Topposition qu*il comptait mettre au voyage de Ségur , dont la mission s'accomplit ainsi sans difficultés.
Pendant ces négociations , une maladie dangereuse de Catherine, semblable à celle qui l'avait atteinte à Blois en 1372, faillit mettre fin aux grands projets formés sur elle par les politiques