CHAPITRE ni
de la oour de Navarre. Le roi lui prodigua ^ dans ces moments d'épreuve, les soins les plus toudumts, et négligea des affaires importantes pour attendre près d'elle que son rétablissement parût entièrement assuré *.
A cette époque, un nouveau prétendant à sa' main vint s'offrir. C'était le prinœ de Wurtemberg Montbéliard. Mornay, alors à Paris, accuàUit cette demande, et l'exposa au roi de Navarre dans les termes suivants' : « Un nommé Vergerius, sea*taire du roi de Wurtembei^, nous est venu faire ouverture à M. de Chassincourt et à moi du ma^ rîage de Madame votre sœur avec ledit seigneur duc : c'est à la vérité ung prince riche, de grande maison, fort allié en Allemagne : il parle français, etc. Les mœurs de la nation sont ung peu dissemblables, et le pays rude. Il a emporté le portraict ' de ma dite dame. Nous lui avons res-
1. Lettre du roy de Navarre au roy de France. — Lettre au -^ '^ •' ''*" * maréclial de Matignon. (Voy. Collection des Lettres missives de
Henri IV, par M. Berger de Xivrey, t. II.)
2. Lettre de M. du Plessis au roy de Navarre, commencée le 20 février 1584, terminée à la fin de mars.
3. Il existe au musée du Louvre, salle Sauvageot, B, 366, une
pondu en sorte que nous ne Ten avons mis hors d'espoir. »
Cette proposition n'eut pas de suite, et le duc de Wurtemberg n'obtint rien de plus que le portrait de Catherine. La négociation de Ségur avançait alors. Elisabeth l'avait accueilli avec empressement, et avait adressé une lettre à la princesse où elle exprimait son désir de la voir se rapprocher d'elle par d'autres liens que ceux de la politique *• Le mariage de Catherine de Bourbon avec le roi d'Ecosse se serait vraisemblablement effectué, si un grave événement n'avait suspendu, au moins pour quelque temps, les négociations commencées.
miniature d'une authenticité douteuse, représentant Catherine de Bourbon, et semblant s'accorder avec cette époque de sa vie. La figure annonce vingt ou vingt-cinq ans. L'exécution parait se rapporter à la date de 1579 à 1580. C'est de l'école de Clouet déjà bien affaiblie.
1. Instruction adressée à M. d'Angi-oignes. {Mém, et corresp. (le Momay, t. II, p. 357.) — Idem, M'*« Vauvilliers, Histoire de Jeanne (VAlbret, notes.