CHAPITRE IV
naux, fut envoyée à Tempereur Rodolphe et au roî de France. Celui-ci, malgré sa faiblesse, s'effraya justement des conséquences qui résulteraient d'une telle sentence portée contre un prince que sa naissance rendait héritier légitime du ir&ae. Après de vives discussions, et le départ simultané de Tambassadeur de France à Rome et du nonce à Paris, un accommodement eut lieu. L'archevêque de Nazareth, envoyé près du roi, agit avec une modération qui atténua l'effet de cette bulle.
Mais Henri III ne pouvait soutenir le roî de Navarre. Après avoir vainement essayé de dominer la Ligue, il dut se soumettre à la pacification de N^nours, qui livrait un grand nombre de places fortes aux Guises, défendait l'exercice du culte protestant, en bannissait les ministres, et déclarait la guerre aux calvinistes.
Cependant Henri de Navarre résistait vaillamment aux triples attaques de Rome, de la France et de l'Espagne. Il répondait à l'anathème pontifical par une déclaration éloquente; au due de Guise, par une provocation en duel ; à la Ligue, en formant une association composée des seigneurs
huguenots et des nobles français qui restaient fidèles à Thérédité légitime. Les princes du sang appuyèrent cette manifestation. Enfin, la reine Elisabeth et les princes allemands formèrent une association protectrice de celle de Fran.ce, qui promit à Henri de lui fournir des secours militaires. Ainsi, grâce à Tactive persévérance du jeune souverain, les nations étrangères se trouvèrent engagées à maintenir Tordre de succession au trône, et à sauver Tindépendance de la France.
Pendant que Henri de Navarre luttait avec tant d^énergie au dehors, il était loin de trouver du calme dans les États qu'il gouvernait. Depuis le retour de la reine Marguerite, et après l'éclatant scandale qui l'avait bannie du .Louvre, le château de Nérac était devenu un théâtre de troubles et d'intrigues. Elle avait repris ses anciennes relations avec le duc de Guise, et une correspondance, oîi la politique avait autant de part que la tendresse, s'était établie entre la reine de Navarre et le chef de la Ligue. Turenne, excité par la jalousie et par le désir de servir Henri, se décida