‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 50 sur 186 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

h l'en avertir. On arrêta un serviteur de Marguerite qui était porteur de ses dépêches mystérieuses. Cet acte de rigueur excita le ressentiment de la princesse, qui accusa Henri de la persécuter. Elle prétendit que Ségur \ surintendant de sa maison, avait reçu Tordre de la constituer prisonnière et de la conduire à Pau. Sous ce prétexte, Marguerite quitta Nérac, et, conseillée sans doute par le duc de Guise, elle s'empara, au nom de la Ligue, de TAgenais et du Quercy (pays qui faisaient partie de sa dot), leva une armée et organisa une petite guerre contre son mari. '

L'existence de Henri fut menacée de près. Un ligueur forcené, nommé Gabayet, tenta plusieurs fois de l'assassiner. Instruit du désordre qui résultait de l'indigne conduite de Marguerite, Henri HI ordonna au niaréchal de Matignon * de s'unir au î*oi de Navarre contre les factieux, qui furent défaits au Bec-d'Ambez, comme on le voit par

1. Lettre à M. de Ségur. Lectoure xxvii> !«' juin 4585. (Lettres missives de Henri IV, t. II, p. 79.)

2. Jacques de Goyon de Matignon, né à Lonlay en 1525, nommé maréchal de France en 1579. Lieutenant général de la Guienne, il fut un des premiers à reconnaître Henri IV» Mort en 1597.

une lettre de la princesse Catherine à M. de Saint- Gêniez, gonTerneur de Navarreins en Béam.

« Monsienr de Saint-Geniei, il vient de venir un laquais du roy mon frère, par qui il escrit que le maréchal a prins le Bec-d'Ambez, en a tiaé et noyé et prins quarante-deux, dont Gabayet en est, qui a tant de fois voulu tuer le roy mon frère. La compagnie qui estoit de la L^ue, où il avoît envoyé de ceulx de sa compagnie de Parabdle, s'est venu rendre à luy avec promesse de ne retourner plus à Agen, où Ton a beaucoup de nécessité. Il est venu un de mes gens de Tours, qui dît que ceux des Ligues estoîent près d'Oriéans, et font tous les maulx qui se pem^nt dire. J'espère que leur méchanceté les fera périr. Si je sçay d'autres nouvelles, je ne fauldray de vous les mander. Le roy mon itère me mande tous les jours que je n^ parte pas d'icy qu'il ne me le mande. A Dieu, monsieur de Saint-Geniez. Je suis et seray^ toujours votre bien affectionnée et asseurée aumiye \

(T CXTUEBINE DE NaVARRE. ))

i. L'autographe (Uè e<tt« lettre a^partieai à la colleotioA de M. Feuillet de Conches.

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