‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 52 sur 186 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de la princesse suivaient son exemple, et la plus riche d'entre elles ', madame de Gramont, vendît ses pierreries et en fit remettre le prix au roi.

L'année 1586 accrut, par une nouvelle épreuve, . les difficultés de sa situation. Une famine affreuse désola le pays ; la gouvernante fut forcée de défendre l'exportation des grainç sous peine de mort; le prix du vin fut porté à quatorze liards le pot, avec ordre de n'en vendre qu'un demipinton à la fois *.

Cependant la guerre continuait, l'armée de Henri souffrait cruellement et le découragement gagnait ses soldats, rebutés par la misère. Dans cette détresse générale, on vit la sœur du roi s'efforcer de secourir son frère; et, ses ressources personnelles étant épuisées, elle supplia « ses chers jurats de la ville de Pau » de prêter quinze cents livres. La chambre et le conseil refusèrent. Mais la ville et le peuple, apprenant que la requête de leur princfese n'était point accueillie, se

1. Elle avait apporté 30,000 livres de rentes en dot, somme énorme pour cette époque.

2. Archives de Pau. Voy. l'ouvrage de M. de Lagrèze sur le château de Pau.

réunirent pour lui remettre la somme qu'elle avait demandée. Ces dons rassemblés produisirent un total de seize mille écus, qui furent imméiîiatement envoyés au roi.

Henri entrait alors dans Tune des époques les plus critiques de sa vaillante existence. Il luttait contre Mayenne ^ et contre des intrigues plus dangereuses encore que les tentatives des Guises; car Henri III, décidé à éluder le traité de Ne* mours, reprenait le système qu'il avait adopté aux derniers États de Blois.

Promettant aux catholiques une guerre prochaine contre les huguenot», il fit vendre pour deux millions de biens du clergé, sous prétexte de pourvoir aux frais nécessaires pour mettre une armée sur pied. Il entama ensuite une négocia^ tion avec le roi de Navarre : la reine mère eut une conférence avec ce prince en 1S86 (18 octobre). Elle lui proposait une alliance, dont son

's If

1. Charles de Lorraine, deuxfSiaft«s du Balafré, né en 4554, ■mort en 4611. 11 s'était déjà fort dlsting^ué dans les ferres contre les Turcs, au service de la République de Venise, à la défense de Poitiers, à Moncontour, à la Rochelle et à la prise de Brouage.

Page 1