‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 53 sur 186 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

abjuration était la principale condition, et dont le gage eût été un mariage avec sa petite-fille, Christine de Lorraine, se chargeant d'obtenir du pape la rupture de l'union de Marguerite avec Henri. Ce prince ne lui répondit que par des refus, dont la fierté lui apprit la ruine croissante de son pouvoir, l'insuffisance de sa politique, et qui décidèrent Henri HI à commencer la guerre et è s'unir à la Ligue*

Mais, conservant toujours le dessein de garder personnellement une sorte de neutralité, il disposa ses forces de manière à l'indiquer. Trois armées furent rassemblées. La plus considérable, confiée au duc de Joyeuse, devait tenir tête au roi de Navarre s'il s'avançait ; la seconde, livrée au duc de Guise, empêcherait les reîtres de pénétrer dans le royaume pour rejoindre les huguenots; la dernière, conduite par le duc de Mayenne, restait en Guienne, se proposant de harceler Henri, d'envahir le Béarn et de faire prisonnière la princesse Catherine. Le roi se réservait un quatrième corps, formé de Suisses et de quelques régiments fidèles.

La politique de Henri III, digne de celle de sa mère, était alors de détruire un parti par l'autre, quitte à se débarrasser lui-même ensuite de celui qui serait resté debout.

L'armée du duc de Joyeuse était supérieure en nombre à celle du roi de Navarre. Mieux équipée et mieux montée, elle avait encore le prestige de l'autorité souveraine et l'assurance des récompenses. Mais les jeunes généraux qui la dirigeaient, méprisaient la discipline et l'obéissance. Leurs mœurs étaient dissolues, leurs altercations fréquentes ; ils se montraient puérils, courageux et insouciants comme leur souverain.

Les deux armées se rencontrèrent, le 20 octobre 1587, entrî Libourne et la Roche-Chalais. Henri marchait au-devant des trente-six mille reîtres entrés en France par la Lorraine. Joyeuse, essayant de lui fermer le passage, s'avança jusqu'à Courras, bourg situé sur l'Isle, où s'élevait un magnifique château bâti par Odet de Poix, sire de Lautrec. Là s'accomplît le grand fait d'armes qui ouvrit à Henri le chemin du trône de France, et à sa sœur le roman de sa vie entière.

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