‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 6 sur 186 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

moindres serviteurs à découvrir les pauvres dont la misère cachée réclamait des secours et des consolations. Au nombre de ces serviteurs était un Béarnais, huissier de sa chambre, appelé Anis Vespier, qui avait conservé un profond attachement pour la maison d'Albret. Un soir, uno femme vient le trouver, et lui apprend qu'un Béarnais malade, arrivé depuis quelques jours à Madrid, languit sans secours dans le pauvre logement qu'elle lui a loué. Vespier parvint aussitôt auprès de son compatriote, lui prodigue les bienfaits de sa royale maîtresse, le fait transporter dans son propre logis, et gagne sa confiance entière. C'est ainsi qu il découvrit dans lo pauvre voyageur, Tun des agents du complot qui menaçait la reine de Navarre. Le malade, à la fois reconnaissant et présomptueux, parla du duc de Guise et du duc d'Albe, se vanta des entrevues qu'il avait eues avec ces augustes personnages, et ajouta que les mesures étaient prises pour qu'avant deux mois la reine de Navarre et ses enfants fussent enlevés et rais entre les mains de ^inquisition. Pour donner plus d'autorité à

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ses paroles, il montra les papiers dont il était porteur. Vespier écouta Tavau en contenant son indignation, et se hâta de le transmettre à l'aumônier de la jeune reine. Amené en présence d'Elisabeth, a il lui récita par le menu, raconte Villeroy, toutes les particularités de ce fait si exécrable : elle Touït, en eut horreur, et dit, la lanne à Tceil : A Dieu ne plaise, mon maître, que telle méchanceté advienne : sur ce, elle résolut d'en écrire au roi son frère et à la reine sa mère pour y remédier. »

La reine d'Espagne avertit effectivement M. de Sainl^Sulpice, ambassadeur de France en Espagne, qui envoya un secrétaire à Paris, avec des lettres pour la reine mère. Il eut soin, en même temps, de prévenir secrètement la reine de Navarre du danger qui la menaçait, l'engageant à quitter le Béarn et à se réfugier à Nérac, où elle serait sous la prote(^n du roi de France, Jeanne reçut la nouvelle du péril avec sa fermeté accoutumée. Aîi lieu de suivre le conseil de l'ambassadeur français, elle prit des mesures défensives, viftila les forteresses béarnaises et s'aventura ju6-

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