‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 69 sur 186 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mais la France catholique ne pouvait reconnaître un roi calviniste, et s'il prétendait la gouverner, il devait abjurer. Henri IV résista; car Tappui des huguenots lui était encore trop indispensable pour qu'il se décidât à s'en priver. Il promit sdennellement de se faire instruire, et satisfit ainsi sa conscience et ses intérêts.

A cette époque reparut le comte de Soissons, à la tête d'une faction nouvelle, dont les longues intrigues expliquent encore la profonde et persistante irritation du roi contre lui. Ce parti, auquel le cardinal de Vendôme donna son nom, et le prince son courage, son intelligence et sa funeste activité, porta le trouble et la défection au sein de la cause royaliste, et à plusieurs reprises en détacha quelques ardents auxiliaires. Rome, l'Espagne et la Ligue le favorisaient secrètement: il est évident que le comte de Soissons correspondait avec ces trois puissances. Il savait habilement s'effacer lorsque Henri triomphait, et se relever avec ses revers. C'est ainsi qu'après le succès inespéré d'Arqués, on vit le prince se rapprocher du roî, pour troubler l'armée en prétend^mt y occuper la

seconde place*; que plus tard, à la veille du combat de Fontaine-Française, il se retira du camp avec ses troupes, et que, dans l'intervalle, il commit un acte dont l'audace romanesque faillit enlever la sœur du roi au parti de son frère.

Catherine apprit en Béarn l'avènement de son frère au trône de France. Henri avait joint alors au titre de gouvernante et de lieutenante générale de Béarn, que portait sa sœur, celui de régente de Navarre, c'est-à-dire du pays qui s'étendait de l'Espagne à la Dordogne et de l'Océan au Languedoc. La plus belle partie du royaume de Henri IV

était ainsi confiée à l'administration de Catherine.

Tandis que par la force des armes, il arrachait le nord de la France à la guerre civile, sa sœur, par l'empire d'une modération intelligente et ferme, lui conservait une province agitée par les complots de l'Espagne et les passions religieuses.

La vie de la régente à Pau, ville qu'elle quitta fort peu durant cette intéressante période de sou histoire, offre le constant témoignage de son dévouement au roi, en même temps que de son atta-

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