‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 72 sur 186 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

leur liberté; et, pour ce peuple fier et dévoué, Tobéissance était de l'afifection ; la soumission du respect. Lorsqu'un souverain avait mérité sa confiance, rattachement qu'il inspirait était inaltérable. Ainsi s'expliquent et le succès avec lequel Catherine accomplit une mission qui n'était pas sans difficultés à une semblable époque, et la paix qui régna en Béarn et en basse Navarre pendant que les autres provinces françaises étaient en proie aux divisions les plus violentes.

Catherine était dirigée dans son gouvernement par MM. de MesndÉBe Ravignan *, chef du conseil royal de Pau ; de Callignon, chancelier de Navarre ; de Gontaut Saint-Geniès, lieutenant général de Béarn et gouverneur de Navarreins, et de Benac, conseiller et chambellan du roi, et gouverneur de Bigorre. Dès l'âge de vingt ans, nommée lieutenante générale et régente de Béarn et de Navarre, elle avait pris une part active à l'administration, et veillait avec la plus grande sollicitude à la défense du pays. La correspondance dont nous re-

1. Pierre de Mesmes, seigneur de Ravignan, et président du conseil souverain de l'an 1582. Mort en 1606.

produisons quelques parties *, et qu'elle échangeait jour par jour avec MM. dlncamps, de Saint- Geniès, de Poyanne, de Meslon, d'Espahingue et d'autres officiers de Henri IV, donne de précieux renseignements sur les divers mouvements des partis ennemis, et prouve en même temps la vigilance et l'activité de la régente. Une existence austèreet paisible, beaucoup de charité, d'aménité dans les habitudes, une soumission consciencieuse aux ordres de son frère lui avaient assuré la considération de ces magistrats distingués, et une sorte de popularité, si l'on f0t appeler ainsi le lien patriarcal qui existait entre le souverain et le peuple à cette époque reculée. Zélée calviniste, eUe observait les pratiques de sa religion avec une stricte rigueur ; mais sa conduite envers les catholiques était devenue aussi tolérante que celle de sa mère afvaît été cruelle. Lorsque ses dévoila de princesse et de chrétienne se trouvaient remplis, eBe aimait à se retirer dans son châtectd chéri^ pour se livrer à ses études favorites, bien dignes de son temps et de son caractère. C'étaient

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