‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 73 sur 186 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

des traductions des Psaumes en langue française et des poésies rdigieuses, qui obtinrent une sorte de succès.

Les goûts vife et délicats que lui avait donnés son éducation pour la littérature et les arts, lui procuraient des jouissances élevées et précieuses. Palma Cayet, devenu son lecteur, llnitiait à la littérature naissante sous la plume inspirée de Malherbe, de Montaigne, de la B^ie, de Thou et des Yveteaux. La poésie française se préparait alors à déployer ses pompes : du Bartas et d'Anbi^é accordaient déjà la lyre dont Corneille et Racine devaient tirer leurs mélodieux accents. Si Henri, au milieu des hasards de sa vie errante et glorieuse. Usait avec plaisir les vieux romans à la mode du temps ou les sonnets en vogue, avec quel charme sa sœur, retirée dans le château de Marguerite de Valois, ne devait-elle pas rechercher et accueillir les ouvrages littéraires de cette ardente époque! A ce culte pour les lettres, noble héritage de son aïeule, elle joignait encore celui des œuvres d'art, des riches peintures, des tapisseries, des objets précieux et même des indus-

tries plus utiles et moins relevées, créées par l'active imagination des Béarnais. Les imprimeries, les armureries de Pau attiraient son intérêt, et les fabricants de drap de la petite ville de Nay obtenaient d'elle des encouragements.

Souvent elle quittait son château pour aller revoir les sites qu'elle préférait dans les environs, les métairies où, durant son enfance, elle aimait à se reposer, les ermitages ruinés dont l'aspect solitaire et mélancolique plaisait à son imagination et lui rappelait le temps de sa première jeunesse. Parfois encore, elle allait porter elle-même ses ordres aux gouverneurs des forts du pays*, visiter ses amis dans leurs châteaux, sans dédaigner l'hospitalité des chaumières. Nobles et paysans, catholiques et huguenots, tous la recevaient avec un égal empressement. La vue de cette jeune femme dont les simples habitudes s'alliaient à de si grands souvenirs, la douce fermeté avec laquelle elle accomplissait sa mission, tout en elle inspirait cette confiance respectueuse, cet attrait

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