CHAPITRE V. m
indéfinissable qui excite le dévouement et assure Taffection.
Catherine avait alors trente ans, et il semble que le crayon de Dumoustier Tait représentée à cet âge et à cette époque de sa vie. Ce dessin, conservé à la Bibliothèque nationale *, s'accorde mieux que les autres portraits de la princesse avec le témoignage de ses contemporains. Ses traits offrent une analogie frappante avec ceux de Jeanne d'Albret et de Henri IV. La bouche est expressive, le teint délicat, le nez d'une courbe aquiline, le regard doux et vif, l'œil du même bleu que celui de Henri. Des cheveux blonds, crêpés et relevés sur les tempes, encadrent le front ouvert et pur. Le corsage et la taille ont de la grâce et de l'élégance, mais l'ensemble du portrait est celui d'une femme plus agréable que belle, et dont la physionomie intelligente et fine devait être le charma principal.
Telle était, autant que nous pouvons la décrire à trois siècles de distance et à l'aide de rares do-
i : Bibl. nat., Cab. des estampes, communiqué par M. de Laborde.
cuments, Texistence de la sœur de Henri IV en Béarn, lorsque les journées d'Arqués et d'ivry immortalisaient son frère, et qu'il luttait avec sa pauvre et glorieuse armée contre six adversaires, dont Mayenne était peut-être le moins redoutable. Mornay transmettait ces nouvelles à la régente de Navarre ' en l'instruisant des desseins du roi, qui se rapprochait de Paris pour en commencer le siège» Il se vit alors arrêté dans ses succès par l'armée espagnole, et la guerre continua pendant toute l'année suivante sans apporter de notables changements dans sa situation. Il tenta de surprendre Paris, ne réussit pas, mais parvint à s'emparer de Chartres et de Noyon. Le jeune duc de Guise, fils du Balafré, s'échappa de Tours, où il était prisonnier. Les ligueurs formèrent le projet de l'appeler au trône à la place du vieux cardinal de Bourbon, et de lui faire épouser l'infante, fille de Philippe II.
De son côté, la régfnte ^t lieu de craindre (novembre 1590) qu'une armée castillane, forte
1. Lettre de M. du Plessis à Madame^ 18 septembre 1590. (Corresp. dç Mornay , t. VI.)