‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 77 sur 186 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

soldats, et un grand nombre de volontaires se joignirent à cette petite armée, que dirigeaient quatre seigneurs aragonais.

Qoelqiies si«5eès furent d'abord obtenus ; la vallée de Tonte fut envahie, la ville de Jaca |)rise, et la justice royale chassée des environs. A ces nou^ veJles, Catherine chargea le chevalier de Sales, gouvernetir d'Oleron, de conduire mille soldats en Aragon * ; mais diverses circonstances retardèrent leur départ. Pendant ce temps, les Espagnols , rentrés dans Jaca, profitèrent des dissen* sions qui s'étaient élevées entre les capitaines aragonds et béarnais pour disperser leurs feibles troupes, et pour ameuter le peuple contre les huguenots. Ceux-ci revinrent en France avec peine, et les Espagnols chefs de Texpédition ayant été pris, furent conduits à Saragosse et décapités. Antonio Ferez était resté à Pau. Philippe H employa vainement divers moyens pour le ressaisir ; la vigilante Catherine exerça sans obstacles sa gé-

1. « Comment Madame Catherine, sœur unique du roy très chrestien, estant à Pau, envoya des gens de guerre sur les frontières d'Aragon, et ce qui en advint. >> {Chron. novennaire p. 342.)

néreuse hospitalité envens l'ancien secrétaire d'État espagnol, jusqu'en 1593, époque à laquelle il la suivit en France , et reçut de Henri IV une mission diplomatique auprès de la reine Elisabeth,

La petite expédition béarnaise en Aragon ne fut pas inutile aux intérêts de la France. Elle jeta une lumière plus vive sur la cruelle politique de Philippe II, et intéressa l'Europe entière au sort de ses dernières victimes. Peu après, le gouverneur de Bayonne découvrit un complot espagnol qui semblait être une représaille de la tentative de la régente en faveur des Aragonais : il s'agissait d'envahir la Guyenne. Le gouverneur de Fontarabie, qui en était le chef, avait pour complices un médecin navarrais et un Espagnol établi à Bayonne. n s'en iallut de peu que le projet ne réussît; car une flotte et une armée étaient prêtes, lorsque les conspirateurs furent découverts et mis à mort \

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