‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 79 sur 186 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

trigues avec le cardinal de Veïidpme et ses continuelles difficultés avec Henri ^V, qui, j^fcé de l'admettre au conseil et à T^^rmée, se àè^sit bblïïb cesse et trop justement de lui.

Les circonstances n'avaiejit pas altéré les spi?timents qui l'unissaient à la sœur du poi. Une correspondance active existait entre Cathjerine e|t le comte. Ni l'un ni l'autre ne cachaient à Jei^rs fapiiliers que leur volonté était de .cimenter par un prochain naariage une inclination contrariée depuis longtemps. Catherine semble avoir ignoré ou voulu ignorer les mécontentements du roi. Le prince ne s'en inquiétait guère^ ou croyait pouvoir en triompher sans peine.

Ainsi aveuglée par son penchant, Catherine se trouva entraînée dans une sorte de cojjispiratiop ou d'intrigue assez sérieuse, q;ui, ourdie par l^i vengeance d'une ancienne maîtresse du roi, fut dévoilée par l'attachement d'une autr^e maîtressç égçilement de vieille date , et enfin confondue par la fermeté clairvoyante de Henri et par la s,9UDçiiss^on d^es magjistrats aux ordres de leur s^çuyç^ain.

Il y avait alors en Béarn une femme r.emar-

quable par ses charmes , son esprit et ses talents, une femme que Henri IV avait autrefois aimée au point d'avoir oublié pour elle les intérêts de sa ' //i ^^0U- ^ cause et le soin de sa gloire. C'était la veuve du ^"i a ..yr^^J comte Philibert de Guiche, gouverneur de Bayonne et sénéchal du Béarn ; c'était cette Corisande que la Navarre avait surnommée la belle^ et que Michel de Montaigne, épris de son mérite, a rendue célèbre en lui dédiant les vingt-neuf sonnets d'Etienne de la Boétie. Amie d'enfance de Catherine, elle avait été la confidente de son penchant pour le comte de Soissons, et l'avait favorisé, d'abord par affection pour la princesse, ensuite par un sentiment tout différent.

En 1591, Corisande n'était plus la brillante héroïne du Béarn ni la maîtresse du cœur de Henri IV. Elle avait perdu et son élégance et sa jeunesse; le roi, qu'elle avait adoré, l'oubliait pour mademoiselle d'Estrées. Naturellement ambitieuse et violente, et sachant, en femme de son siècle, haïr autant qu'elle avait aimé, elle chercha tous les moyens de montrer au roi qu'elle voulait et pouvait se venger.

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