‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 80 sur 186 · CHAPITRE VI. 14U · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 14U

A l'époque de la rupture de Henri avec le comte de Soissons, elle avait su tous les détails de cette affaire, en même temps que les causes de la profonde irritation du roi contre ce prince, et son désir d'écarter un rival aussi dangereux qu'entreprenant. Avec cette perspicacité que donne la jalousie, elle comprit que l'amour de Catherine pouvait devenir entre ses mains Tarme la plus cruelle qu'elle pût employer contre le roi. Presser le mariage de la sœur de Henri avec le comte de Soissons, lui donner une couleur de rébellion, prouver par là le mépris que l'on faisait de son autorité, intéresser peut-être l'Espagne et la Ligue à sa trahison, assurer le bonheur et l'indépendance d'un prince justement redouté du roi, tel paraît avoir été son but en engageant Catherine à rappeler son fiancé en Béarn, pendant que Henri assiégeait Rouen (1592).

Mais tandis que Corisande correspondait activement avec le comte de Soissons, une autre femme, aimée aussi de Henri dans ses jours d jeunesse, lorsqu'elle s'appelait Jeanne de Tignon ville, et mariée depuis au baron de Pangeas, épiai

ûivec une déflatite inquiétude les projets de son ancienne rivale, et transmettait au roi le réôît Adèle et cirôohstancié des ses intrigues, heureuse de M rappeler tin gentiment qu'il avait méconnu ae|)'tiis de longues ainnées et dont elle gardait cômplaisamment le souvenir. Tout autre ([iië Henri IV, datis la crise politique où il se trou- Tfitit, aurait traité légèrement ces communications, qtrî lui rapfpelaient ses Vieilles amours et semblaient dictées pu uiïè jalousie rétrospective. Avec sa lucidité ordinaire, sa merveilleuse habitude de faire face à toute espèce de péril, il eoitiprit du premier cbup la gravité de celui-ci; il devinai Tensemble de ce cdmplot, oîi devaient agir sîmtiltaftémént le chaste àmoùr de éôi sœtir, la passiôtï ambitieuse du comié dé Soiôsons, et l'actite àversiofl dé Côrisande. Pèùt-êtt'é |)révit-il d'autres conséquences à cette affaire, de ces dangers que seul il pouvait envisager, de ces déceptions enfin dont il n'avait que trop la Cï^uellé expérience. Sa cCfridoite prome toute l'importante qu'il y attachait.

Il envoya immédiatement en Béarn iin ancien

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