‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 89 sur 186 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de votre royaume, vous ifie me dénieriez pas la justice. Si, par l'importunité de cet. cmti'age, je me vo^îs abaiidoniiéë de vous, je hè Veux pflus vinëi Je vous en supplié très-huriiblement, les mains jointes et de tout mto cceiir. Ce ii'est pas sans plèui'èr, et |)Iût U Blîèu que ce fût eïi vôtre présente \ Je iie ôesserai guère cette vie-là, jiiêquès alors, si la mort ne ïnè la fait finif , qtie je désiï*e. Je rie tne recoiihois U continuation de vôtre amitié |)OTir la punitioft de l'injri^ë affront qui m'a été fait, et ddrït, de regret, W flètre double-tiètce me retient àii lit. Hâtêz-vôus donc de me secourir, mon cher frère (si je mérite le nom de chère sœur, comme vous m'honores de me nommer souvent), me petmèttaiit de vous aller trouver. Accorde;É-môi ma requête, miOh Roy, et pardonnez si je vous ai importuné de ce long discours. Il est très-véritaible, et Fciffense que Ton m'a faite m'a donné cette hardiesse.

Pôù^ Dieuj mdn Roy^ aimez-mdi toujours, et je ne changerai mon heur à rien qui vive. Je tous baise un million de fois en esprits is

i, Bibl. nation., coll. Dupuy, 88, fol. 166, r<>, cbpîe dtt dbt-a

m CATHERINE DE BOURBON.

Kn apprenant ces nouvelles, Henri IV parut regretter ses rigueurs; il répondit à sa sœur en rappelant près de lui pour occuper à la cour uu rang égal au sien. Mais il n'en remercia pas moins M. de Ravignan de la fermeté qu'il avait montrée, et reprit avec plus d'ardeur son dessein de marier Catherine au duc de Montpensier. La lettre qu'il écrivit à M. de Ravignan fut un des motifs d'excuse présentés ensuite par le Conseil souverain à la princesse, qui conserva toujours un amer ressentiment contre lui?. Henri croyait alors avoir entièrement dominé cette intrigue, et ne soupçonnait pas plus que le Conseil souverain l'existence du contrat confié à madame de Gramont. Voulant se déclarer satisfait par la sévérité avec laquelle le comte de Soissons avait été

septième siècle, donnée, t. III de la BtWoth, de l'École des Chartes, par MM. de Fréville et Saint-Marc Mévil.

1. u Monsieur de Ravignan, j'advoue ce que vous avés fait à Pau pour un des plus signalés services que m'eusslés su faire, et vous prie de continuer ; vous asseurant que je vous serai toujours bon maître et qu'il ne se présentera occasion que je ne vous fasse paroître la volonté que j'ai de reconnoistre vos services. » — Arch. de M. le duc de la Force. Mém. autU. de J. N. de Caumont, publiés par M. le marqtfîs de la Grange, 1. 1, pièces justif. et notes. — Lettres missives, t. III, p. 622.

CHAPITHE VI. IGo

traité, il daigna lui pardonner ses torts et souffrit qu'il revînt k la cour. Le comte se présenta devant Henri avec son aydace ordinaire, et ne tarda pas à provoquer de nouveau Timpatience du roi par un acte d'emportement inexcusable. On dit que, rencontrant un matin, chez Henri IV, le baron de Pangeas, qui l'avait désarmé à Pau, il ne put réprimer la colère qu'excitait en lui un tel souvenir. Après l'avoir insulté, il le saisit par le cou et le jeta du haut en bas d'un escalier*, malgré la résistance du pauvre gentilhomme, dont l'énorme embonpoint se défendait mal contre la vigoureuse étreinte de l'impétueux jeune homme. Ces sortes de scènes arrivaient trop souvent à la cour guerrière de Henri IV, qui en était toujours profondément offensé. Cette fois, il en éprouva un vif ressentiment, comprenant avec raison que l'injure ne s'adressait pas seulement à son fidèle serviteur, et qu'il en avait sa part. Bientôt encore il apprit, ou prétendit apprendre que le prince était entré dans un complot ayant

\. Sully, CEcon. mjnîes, t II, p. 4il. Édit. Pelitot.

pour but de faire relever de ses vœux le cardinal de Vendôme, et de lui donner pour épouse la fille de Philippe IL

Cependant le voyage de Catherine se préparait, par les ordres de Henri IV, avec une pompe toute royale. Les magistrats des villes qu'elle devait traverser étaient invités à lui rendre les honneurs autrefois réservés *à la reine mère, Catherine de Médicis. Mornay devait aller l'attendre en Poitou et Henri lui-même à Saumur. La duchesse de Rohan\ sa cousine, la précéderait, et la princesse serait accompagnée de sa cour béarnaise et de ses ministres calvinistes, Lafaye, Dumoulin, Montigni, Fugré et la Serizaie. Palma-Cayet et Antonio Perez devaient être du voyage. Mais ces brillants préparatifs ne séduisaient pas Catherine; elle hésitait à obéii* au roi ; les soins afifectueux de ses dames et la respectueuse sympathie du

1. Catherine de Parthenay, dame de SoubisCj vicon^tesse de Rohan, veuve de René de Rohan, mort à la Rochelle en 1586^ « FeniEÇLe ,d'un rpe mérite, dit de Thou, e^, ce qui n'est p$yi ordinaire à son sexe, aussi remarquable par son érudition que par réclat de sa naissance et par ses vertus. » Elle avait eu deux fils, Henri et Benjamm, et trois filles, Henriette^ Catherine et Anne. — HisL univ., t. IX, 1. 35, p. 577.

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